"Le rétablissement temporaire des frontières est une possibilité", selon Barroso
Le président de la Commission européenne a répondu aux dirigeants français et italien qui demandent la possibilité de rétablir des contrôles aux frontières.
Le président de la Commission européenne a répondu aux dirigeants français et italien qui demandent la possibilité de rétablir des contrôles aux frontières.
L’Union européenne pourrait aménager un principe fondamental de son fonctionnement sur la libre circulation des personnes.
Dans une lettre adressée, dimanche 1er mai, aux dirigeants français et italien, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso a indiqué que « le rétablissement des frontières est une possibilité parmi d’autres, qui, à condition d’être soumise à des critères spécifiques et bien déterminés, pourrait constituer un élement pour renforcer la gouvernance de l’accord Schengen ».
Dans son courrier, le président Barroso explique néanmoins que « cette gestion ne devrait pas nous conduire à pencher vers une vision trop sécuritaire, qui pourrait paraître comme niant les valeurs mêmes sur lesquelles se fonde le projet européen, ni vers une vision trop laxiste de la politique de l’immigration ».
Un tacle à destination de la France et de l’Italie. Paris a décidé de refouler à la frontière toutes les personnes en situation irrégulière. Tandis que Rome a décidé d’accordé des visas temporaires à tous les immigrés arrivant sur son sol en provenance de Tunisie et de Libye.
Le président de la Commission répondait au courrier envoyé par Nicolas Sarkozy et Silvio Berlusconi, à la suite du sommet franco-italien, mardi 26 avril.
Les révolutions arabes ont entrainé des tensions au sujet de l’immigration entre la France et l’Italie. Plusieurs dizaines de milliers d’immigrés sont arrivés sur les côtes italiennes depuis le mois de janvier.
Dans leur lettre Paris et Rome ont appelé au rétablissement des contrôles aux frontières de l’UE dans certaines circonstances. Les deux pays veulent pouvoir «rétablir temporairement le contrôle aux frontières intérieures en cas de difficultés exceptionnelles dans la gestion des difficultés extérieures communes, dans des conditions à définir.»
La Commission doit formuler des propositions sur « le renforcement de l’application des règles qui gouvernent l’accord de Schengen ». C’est-à-dire la texte fondateur du principe de libre circulation au sein des pays qui ont signé cette convention, à savoir 22 pays de l’Union européenne.
Ni sécuritaire ni laxiste
Selon des informations communiquées à EURACTIV.fr par le commissaire italien à l’Industrie Antonio Tajani, le texte présenté par Bruxelles « ne contraste pas » avec les demandes franco-italiennes.
« Si des divergences surviennent entre deux pays membres sur la libre circulation des étrangers ou sur les visas, la nouvelle gouvernance de Schengen permettra de traiter ces problèmes au niveau communautaire, du côté de la Commission », a-t-il ajouté.
La commissaire aux Affaires intérieures, Cecilia Malmström, avancera des propositions le 4 mai, en vue d’un premier examen par les ministres européens concernés, le 12 mai. Enfin, les dirigeants européens devraient revenir sur ces questions, les 23 et 24 juin, à Bruxelles, lors de leur prochain sommet.