Le sauvetage grec, prisonnier des élections slovaques
La Slovaquie, membre de la zone euro, ne votera sur l’aide destinée à la Grèce qu’après ses élections de juin, a déclaré le premier ministre du pays le 3 mai, insistant sur le fait qu’Athènes devait d’abord réduire ses dépenses avant de recevoir de l’argent slovaque.
La Slovaquie, membre de la zone euro, ne votera sur l’aide destinée à la Grèce qu’après ses élections de juin, a déclaré le premier ministre du pays le 3 mai, insistant sur le fait qu’Athènes devait d’abord réduire ses dépenses avant de recevoir de l’argent slovaque.
Le premier ministre de gauche Robert Fico cherche à être réélu le 12 juin, et l’aide à la Grèce – pays qui a des revenus et des richesses plus élevés que la Slovaquie – est devenu un sujet de campagne alors que l’opposition rejette le plan d’aide.
La Grèce a obtenu l’aval des ministres des finances de la zone euro dimanche, qui ont convenu d’apporter 110 milliards d’euros de prêts sur les trois prochaines années en provenance de ses partenaires de la zone euro et du Fonds monétaire international.
M. Fico, qui a fait part de ses doutes quant à la capacité de la Grèce à mettre en œuvre les mesures d’économies nécessaires, a de nouveau prévenu que la part slovaque de l’aide – autour de 800 millions d’euros – ne serait pas débloquée automatiquement.
« Mon gouvernement ne signera pas un chèque en blanc à la Grèce », a affirmé M. Fico.
« Si nous ne voyons aucune réduction des salaires, des retraites ou des standards sociaux en Grèce, nous n’avons aucunement l’intention de discuter avec la Grèce de prêts bilatéraux », a-t-il dit, ajoutant qu’Athènes devait d’abord faire son travail.
Le ministre des finances a affirmé que des changements juridiques sur le budget de l’État et des principes budgétaires étaient nécessaires pour approuver l’aide au Parlement. Certains partis d’opposition, qui talonnent le parti de M. Fico dans les sondages, se sont opposés à l’aide et ont appelé à une session spéciale du Parlement avant l’élection, avertissant que de tels prêts conduiraient à relâcher les politiques fiscales.
Nous disons un « non » définitif à cette aide, a déclaré lundi Iveta Radicova, tête de liste pour le principal parti d’opposition de droite, le SDKU.
Aide approuvée aux parlements français et allemand
Entre temps, l’Assemblée nationale française a approuvé pendant la nuit de lundi à mardi le paquet de renflouage de la Grèce, alors que le gouvernement allemand commençait à réunir ses soutiens politiques en faveur de la contribution allemande, juste avant l’élection parlementaire de vendredi.
Les dirigeants de l’UE se réunissent vendredi 7 mai pour échanger des informations sur les progrès du processus d’approbation parlementaire des prêts dans leurs pays respectifs.
Le président français Nicolas Sarkozy affirme que le sommet de vendredi devrait également s’attarder sur les leçons à tirer de la crise. Cette rencontre devrait permettre de confirmer au plus haut niveau le soutien des États membres de la zone euro à la Grèce et d’avoir un premier échange de vues sur les leçons à tirer afin de renforcer la gouvernance et la cohésion de la zone euro, peut-on lire dans le communiqué diffusé par l’Elysée.
Le principe du plan d’aide à la Grèce est le suivant : les pays de la zone euro empruntent de l’argent en leur nom, puis le prêtent à la Grèce à un taux d’intérêt de 5 %. Si elle agissait seule, la Grèce devrait payer un taux d’intérêt de 11 %, ce qui est sans précédent pour un pays de la zone euro.
La plupart des pays, mais pas tous, empruntent des sommes à un taux d’intérêt inférieur à 5 %. Le Portugal, par exemple, paierait davantage de taux d’intérêt. Les pertes éventuelles induites par des pays comme le Portugal sont compensées par les gains issus de pays qui empruntent à un taux inférieur à 5 %. L’Allemagne, par exemple, emprunte à 2 % et la Belgique à 3 %.
POSITIONS
Le 3 mai, l’article en couverture de l’influent quotidien allemand Handelsblatt comprenait une série de quatre pages dans laquelle deux douzaines d’investisseurs privés expliquaient pourquoi ils achèteraient des obligations grecques. L’éditorial intitulé en une « L’Allemagne aide », affirme qu’un retrait grec de la zone euro serait un échec majeur et menacerait l’existence même de l’union monétaire.
« Le gouvernement d’Athènes a fait un effort qu’il faut saluer avec son plan de rigueur. Les Grecs sont des pécheurs, mais des pécheurs repentants. Le paquet d’aide négocié par la communauté internationale pendant le week-end devrait faire l’affaire. »
« Mais les États seuls ne peuvent pas sauver la Grèce. La stabilisation n’arrivera que lorsque le pays pourra se financer librement sur les marchés financiers. Une contribution est demandée de la part des grandes banques. Une contribution est également requise de la part des citoyens européens – une avance plus qu’autre chose. A cette fin, nous avons lancé l’initiative « J’achète des obligations ». Il s’agit de donner un signe de responsabilité partagée », peut-on lire dans le journal allemand.