Le secteur du bio de l’UE a besoin de solutions axées sur le marché et de stratégies nationales
La commission AGRI du Parlement européen a donné son feu vert à un nouveau rapport sur le plan d’action de l’UE pour l’agriculture biologique dans lequel elle souligne la nécessité de solutions axées sur le marché et d’un soutien accru aux États.
La commission de l’agriculture du Parlement européen (AGRI) a donné son feu vert à un nouveau rapport sur le plan d’action de l’UE pour l’agriculture biologique dans lequel elle souligne la nécessité de mettre en place des solutions axées sur le marché ainsi que d’un soutien accru aux États pour l’élaboration de stratégies individuelles destinées à stimuler le secteur.
Le rapport d’initiative, qui a reçu le feu vert unanime des eurodéputés ce jeudi (31 mars), a été élaboré en réaction au plan d’action biologique de la Commission qui avait été dévoilé en mars 2021.
Le plan consiste en une approche en trois volets visant à encourager la production et la consommation de produits biologiques dans l’ensemble de l’Union européenne, et ce en vue d’atteindre l’objectif ambitieux de 25 % des terres agricoles consacrées au bio d’ici 2030, comme le prévoit la politique alimentaire phare de l’UE, la stratégie « de la ferme à la table » (Farm to Fork Strategy).
Le rapport de la commission parlementaire se félicite de la reconnaissance par la Commission de l’agriculture biologique en tant qu’élément clé sur la voie de l’UE vers des systèmes alimentaires plus durables et adhère à l’ambition énoncée dans la stratégie « de la ferme à la table ».
Il souligne également que le développement et la croissance du secteur biologique doivent s’accompagner de développements de la chaîne d’approvisionnement globaux et axés sur le marché.
Le rapport préconise donc des mesures visant à stimuler la demande d’aliments biologiques, tout en assurant la confiance des consommateurs et en préservant la rentabilité future du marché biologique de l’UE.
À ce titre, les eurodéputés ont demandé la mise en place d’un système européen harmonisé pour la certification des intrants destinés à l’agriculture biologique.
Reconnaissant les différentes situations de départ de chaque État membre, le rapport soutient la création de stratégies nationales ou régionales avec des « actions concrètes et limitées dans le temps » pour l’agriculture biologique.
Ces plans devraient être élaborés dans le cadre d’un vaste processus de consultation avec toutes les parties prenantes, en particulier les agriculteurs biologiques et les associations, afin de réaliser les « meilleures synergies possibles », peut-on lire dans le rapport.
Bien que cette ambition soit soulignée dans le plan d’action de la Commission en faveur de l’agriculture biologique, les eurodéputés ont demandé à l’exécutif européen un soutien plus important dans ce domaine.
Se félicitant du soutien des eurodéputés, Jan Plagge, président d’IFOAM Organics Europe, a qualifié le plan de « crucial » pour accroître à la fois la production et la demande de produits biologiques nécessaires pour atteindre l’objectif de 25 % fixé par l’UE.
« L’agriculture biologique fait partie de la solution lorsqu’il s’agit d’atténuer les effets du changement climatique et de restaurer la biodiversité perdue », a-t-il indiqué, soulignant la nécessité de sensibiliser les écoles et les consommateurs à l’agriculture biologique ainsi qu’à une meilleure alimentation.
Pour sa part, l’association des agriculteurs européens COPA-COGECA a également salué le « bon travail accompli par la commission ».
L’association a particulièrement apprécié que le rapport mette l’accent sur la nécessité d’une approche solide axée sur le marché, notamment en soutenant les marchés publics écologiques, et qu’il souligne la nécessité de soutenir les agriculteurs dans leur procédure de conversion au bio.
« Les agriculteurs européens et les coopératives agricoles ont besoin d’une approche solide axée sur le marché, ainsi que de nouveaux et meilleurs intrants pour rester compétitifs et rentables », a expliqué Lone Andersen, présidente du groupe de travail de l’association sur l’agriculture biologique, qui a également ajouté que tous ces aspects sont inclus dans le rapport et que le parti est donc « très satisfait » du travail effectué par les eurodéputés.
La résolution sur un plan d’action de l’UE pour l’agriculture biologique va maintenant être votée par la plénière du Parlement européen, qui est en principe prévue pour la session de mai.