Le soutien des citoyens de l’UE aux dépenses de défense a dépassé son pic, selon un sondage
Le soutien populaire à l’augmentation des dépenses de défense au sein de l’UE connaît un recul, selon un sondage réalisé pour Euractiv par Polling Europe.
Alors que l’agression russe se poursuit en Ukraine et que la plupart des États membres de l’UE s’engagent à relever leurs budgets militaires pour atteindre l’objectif de 5 % du PIB fixé par l’OTAN, le consensus autour du réarmement européen semble perdre de son ampleur auprès des citoyens.
Sur plus de 5 400 personnes interrogées par Polling Europe, deux tiers (67 %) se disent favorables à une hausse des investissements dans la défense. Mais cela représente une baisse de 7 points de pourcentage par rapport aux 74 % enregistrés en avril 2024.

À première vue, les données montrent un clivage nord-sud, 59 % des personnes interrogées en Europe du Sud, contre 76 % en Europe centrale et orientale et 73 % en Europe du Nord, étant favorables à une augmentation des budgets de défense nationaux.
Cependant, les résultats dans certains pays peuvent avoir un effet disproportionné sur la situation générale. En Italie, le nombre de personnes interrogées favorables à une augmentation des dépenses de défense était nettement inférieur (48 %) à celui enregistré en Espagne (68 %).
Partageant une frontière avec la Russie, il n’est guère surprenant que la Pologne ait enregistré un taux de 86 % de personnes fortement favorables à une augmentation des dépenses de défense. De plus, le sondage a été réalisé du 17 au 19 septembre, près d’une semaine après que 19 drones russes ont pénétré dans l’espace aérien polonais.
En outre, le soutien à l’augmentation des dépenses militaires varie fortement selon l’appartenance politique des répondants, l’augmentation des dépenses de défense étant davantage soutenue par le centre et le centre-droit que par les partis de gauche et d’extrême droite : Parti populaire européen (PPE) 85 %, Renew (libéraux) 80 %, Conservateurs et Réformistes européens (CRE) 69 %, Patriotes 64 %, Socialistes et Démocrates (S&D) 60 %, Verts 51 %, La Gauche (GUE/NGL) 50 %, Europe des Nations souveraines 40 %.
Une coordination européenne ou nationale ?
Près de la moitié des personnes interrogées (48 %) se sont déclarées favorables à des investissements en matière de défense coordonnés par la Commission européenne, tandis que 41 % ont déclaré préférer que les décisions soient prises au niveau national.
Un fossé nord-sud s’est à nouveau creusé, 60 % des personnes interrogées en Europe du Sud étant favorables à ce que la Commission prenne les rênes, contre 53 % en Europe centrale et 42 % en Europe du Nord.
Si l’on considère les groupes politiques européens, le centre-gauche a tendance à préférer la coordination par la Commission (S&D 71 %, Verts 70 %), tandis que les groupes de centre-droit sont partagés entre les deux options.
L’UE est-elle prête en cas de conflit militaire ?

Dans l’ensemble, 52 % des Européens ne sont pas convaincus que le continent soit militairement préparé à un conflit armé prolongé avec un pays tiers. 26 % ont répondu que l’Europe était « un peu » préparée, tandis qu’un pourcentage identique est convaincu que l’Europe n’est « pas du tout » préparée.
Neuf pour cent n’ont pas été en mesure de répondre à la question, tandis que dix pour cent se sont montrés optimistes quant au niveau de préparation. Parallèlement, 29 % ont estimé que l’Europe était « partiellement » prête pour un tel conflit.
Dans l’ensemble, l’Europe du Nord (43 %) et l’Europe centrale (46 %) sont plus optimistes que l’Europe du Sud (35 %). Une fois de plus, l’Espagne fait figure d’exception parmi ses voisins, avec plus de répondants (47 %) considérant que l’Europe est prête que le contraire (42 %).
(asg)