Le vice-président grec temporise sur la situation de son pays
Tandis que les dirigeants européens et la Troïka tentent d’y voir plus clair sur la crise grecque, le vice-président du gouvernement Theodoros Pangalos, en visite en France, a cherché à relativiser la situation.
Tandis que les dirigeants européens et la Troïka tentent d’y voir plus clair sur la crise grecque, le vice-président du gouvernement Theodoros Pangalos, en visite en France, a cherché à relativiser la situation.
Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort. En visite à Paris pour l’inauguration de l’exposition « Au royaume d’Alexandre le Grand – La Macédoine antique » au Louvre, lundi 10 octobre, c’est avec philosophie et un certain détachement que le vice-président du gouvernement grec a fait le point sur la situation de son pays.
Invité par le European American Press Club, Theodoros Pangalos a replacé la crise grecque dans une perspective historique. Emprise de l’empire ottoman, dictature, la Grèce a eu à affronter de nombreuses difficultés, a-t-il rappelé aux journalistes. Une manière de relativiser la gravité de la situation actuelle.
Ratification du FESF
M. Pangalos a semblé confiant sur la ratification des nouvelles compétences du Fonds européen de stabilité financière. « Les prêts sont là, et ils vont être déboursés », a-t-il déclaré. Quant au nouveau plan d’austérité fortement contesté par la population, il devrait, selon lui, être adopté sans difficulté par le Parlement.
Interrogé sur la possibilité d’une décote de la dette supérieure à celle de 21% prévue par l’accord du mois de juillet, il a répondu que le gouvernement n’en avait pas discuté. Mais a mis en garde contre les conséquences d’une réduction supplémentaire de la dette pour les banques et les compagnies d’assurance grecques, qui en détiennent une partie.
Pas d’offres européennes
Au sujet des privatisations engagées en échange d’une aide financière de la Troïka, mais qui peinent à se matérialiser, le vice-président du gouvernement a regretté l’absence d’offres européennes. « Nous souhaitons que la majorité des capitaux investis en Grèce viennent d’Europe », a-t-il insisté.
Toutefois, face à l’urgence, le gouvernement serait « prêt à discuter avec tout le monde », a ajouté M. Pangalos, qui se rendra en Chine, début novembre, pour rencontrer un acheteur potentiel de la compagnie grecque de chemin de fer.
La faute aux professions libérales
Enfin, sur la fiscalité, il s’est montré clairement réticent à l’idée de taxer les plus riches, estimant de toutes façons que « le gros de la fraude fiscale ne se trouvait pas au sommet ». Les coupables sont, d’après lui, à rechercher parmi les 600 000 auto-entrepreneurs que compte le pays.
Un constat que ne partage pas Kostas Vergopoulos, professeur de sciences économiques à l’université de Paris-VIII, grec d’origine et très bon connaisseur de la classe politique de son pays. « En Grèce, les médecins, les armateurs… estiment qu’ils n’ont aucune obligation de payer des impôts car ils sont déjà ’bienfaiteurs’ du pays. Ce qui se passe aujourd’hui est plus grave que de la corruption car la classe dominante est exonérée d’impôts de façon tout à fait légale. 80% de ce que la Grèce perd en impôt est légal », explique-t-il.
Les chefs d’État et de gouvernement européens ont décidé, lundi 10 octobre, de reporter la réunion des dirigeants de la zone euro prévue le 18 octobre au dimanche 23, espérant d’ici là y voir plus clair sur la situation de la Grèce et la solidité du secteur bancaire européen.
Santé des grecs
Certes, la Grèce pourrait se relever de cette nouvelle épreuve de l’Histoire. Mais seulement grâce à l’aide de nombreux soutiens. Et le coût pourrait être élevé pour sa population. Selon des informations du Monde, une étude britannique, publiée dans le journal médical The Lancet, révèle que la récession et l’austérité dans le pays sont responsables d’une explosion du nombre de suicide, de la consommation de drogues ou encore des infections au VIH.