L’économie de l’UE est « plus forte qu’il y a cinq ans », selon Ursula von der Leyen

Malgré une série de « crises historiques », l’économie de l’UE est « plus forte qu’il y a cinq ans », a déclaré la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, aux eurodéputés mardi (23 avril), vantant ses succès alors qu’elle brigue un nouveau mandat de cinq ans.

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« La crise sanitaire de la Covid-19 et la guerre en Ukraine, ainsi que la crise énergétique, auraient pu dégénérer en une crise économique et sociale dramatique. Mais cela n’a pas été le cas », a annoncé Ursula von der Leyen aux eurodéputés. [EPA-EFE/RONALD WITTEK]

Malgré une série de « crises historiques », l’économie de l’UE est « plus forte qu’il y a cinq ans », a déclaré la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, aux eurodéputés mardi (23 avril), vantant ses succès alors qu’elle brigue un nouveau mandat de cinq ans.

Dans son dernier discours devant l’actuel Parlement européen avant les élections de juin, Mme von der Leyen a également présenté son programme pour les cinq prochaines années.

« La crise sanitaire de la Covid-19 et la guerre en Ukraine, ainsi que la crise énergétique, auraient pu dégénérer en une crise économique et sociale dramatique. Mais cela n’a pas été le cas », a-t-elle annoncé aux eurodéputés.

Avec « plus de 75 % », le taux d’emploi n’a jamais été aussi élevé, selon la présidente de la Commission, tandis que le chômage « est à son niveau le plus bas, à moins de 6 % », et que l’inflation se rapproche « de notre objectif de 2 % », a-t-elle ajouté.

Des politiques telles que l’instrument européen de soutien temporaire à l’atténuation des risques de chômage en situation d’urgence (SURE), le programme d’emprunt commun NextGenerationEU, ainsi que le programme REPowerEU pour accélérer le développement des énergies renouvelables, ont aidé l’Union à renforcer sa résilience économique et sociale, a-t-elle soutenu.

« Nous avons traversé des épreuves difficiles. Mais à bien des égards, nous en sommes sortis plus forts qu’il y a cinq ans », a affirmé Mme von der Leyen.

L’UMC au secours de la transition écologique

Pour les cinq prochaines années, Ursula von der Leyen a insisté sur la nécessité de stimuler les investissements privés dans l’UE, estimant que l’Union des marchés des capitaux (UMC) pourrait générer 470 milliards d’euros par an si elle était renforcée.

« C’est l’investissement privé supplémentaire que nous pourrions mobiliser chaque année si nous menions l’UMC à terme », a-t-elle annoncé.

Ce chiffre représente les trois quarts de ce que la Commission a précédemment estimé comme nécessaire chaque année pour financer la transition écologique et numérique combinée, soit 620 milliards d’euros — et la totalité du financement nécessaire pour la seule transition écologique sur la base des calculs de 2020.

Concernant les progrès réalisés sur l’UMC, Mme von der Leyen a salué le dernier conseil extraordinaire sur la compétitivité, qui a marqué « un tournant ».

« Nous avons maintenant un mandat clair pour avancer sur trois questions vitales », a-t-elle ajouté, en référence à l’harmonisation des règles d’insolvabilité, à la création de produits d’épargne transfrontaliers de détail et au renforcement de la supervision du marché au niveau européen.

Vendredi (19 avril), les dirigeants européens n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur la centralisation de la supervision au sein de l’Autorité européenne des marchés financiers (AEMF), mais ont demandé à la Commission d’évaluer la possibilité de passer à un mécanisme de supervision unique.

« La Commission a été chargée de renforcer la surveillance des principaux acteurs du marché au niveau européen. La voie à suivre est donc claire », a annoncé Mme von der Leyen.

« Si nous voulons financer la nouvelle révolution industrielle de notre époque, nous devons mobiliser les capitaux privés de l’Europe. Il est maintenant temps de passer de la volonté politique à l’action. »

Le PPE critiqué pour avoir « ouvert la porte à l’extrême droite »

Cependant, les dirigeants des partis politiques qui soutiennent Mme von der Leyen ne partagent pas complètement son optimisme.

Manfred Weber, chef du PPE, le groupe de centre droit auquel appartient Mme von der Leyen, a affirmé que le « mandat actuel n’avait pas été bon » lorsqu’il s’agissait de réduire la charge bureaucratique pour les entreprises.

Selon lui, « l’augmentation de la bureaucratie » découle de « l’idée que le cadre réglementaire est préférable à la confiance dans ceux qui réalisent les succès économiques que nous recherchons ».

Iratxe García Pérez, présidente du groupe S&D, a reproché à M. Weber d’avoir « ouvert la porte à l’extrême droite » en travaillant à plusieurs reprises avec des partis situés à l’extrémité droite de l’échiquier politique.

Étant donné le changement de politique attendu dans le prochain mandat législatif pour une amélioration de l’environnement commercial, Mme García Pérez a également mis en garde contre la transformation de l’Europe en une « zone de libre-échange sans âme, sans conscience, sans volonté politique ».

L’eurodéputée française Valérie Hayer du parti libéral Renew — le troisième groupe formant la « majorité von der Leyen », avec le S&D et le PPE — a souligné que « 80 % de la production de nos médicaments se trouve en Asie » et que la « transition écologique dépend de la situation dans le reste du monde ».

« Il est temps de mettre fin à cette dépendance stratégique », a insisté Mme Hayer.

Les nationalistes polonais en campagne

La critique la plus sévère est toutefois venue de l’eurodéputé polonais Dominik Tarczynski, du groupe nationaliste CRE, qui a affirmé que son groupe chercherait à arrêter la « folie » du Pacte vert pour l’Europe (Green Deal) après les élections européennes.

« Vous avez mentionné le chômage des jeunes, parlons de faits et de chiffres », a-t-il déclaré. « Espagne : 28,4 %, Suède 21 %, Italie 20,4 %, Grèce 17,4 %, France 16,9 %. »

Il a également souligné que le précédent gouvernement nationaliste conservateur polonais, au pouvoir pendant huit ans jusqu’à ce que Donald Tusk prenne la tête d’un nouveau gouvernement de coalition en décembre dernier, « a laissé la Pologne en pleine forme ». Lorsque le précédent gouvernement PiS (CRE) a quitté le pouvoir, le taux de chômage des jeunes polonais s’élevait à 12,3 %.

« Après ces élections, nous allons rendre à l’Europe sa grandeur », a assuré M. Tarczynski, en référence à la célèbre campagne nationaliste de Donald Trump.

[Édité par Anna Martino]