Législatives 2024 : à peine élus, les eurodéputés RN repartent en campagne
L’annonce de la dissolution de l’Assemblée nationale devrait quelque peu bouleverser la liste des eurodéputés envoyés par le Rassemblement national (RN) à Bruxelles. Plusieurs d’entre eux ont confirmé à Euractiv se lancer dans la course aux législatives.
L’annonce de la dissolution de l’Assemblée nationale devrait quelque peu bouleverser la liste des eurodéputés envoyés par le Rassemblement national (RN) à Bruxelles. Plusieurs d’entre eux ont confirmé à Euractiv se lancer dans la course aux législatives.
« Je serai évidemment candidate sur la 2e circonscription de la Marne pour prendre ma revanche », a annoncé lundi matin sur X Anne-Sophie Frigout, pourtant élue la veille au Parlement européen, après le triomphe de la liste menée par le RN.
Avec 31,5 % des suffrages, le parti d’extrême-droite a obtenu deux fois plus de voix que la liste soutenue par Emmanuel Macron, poussant le président à dissoudre l’Assemblée nationale.
Et avec la nouvelle campagne électorale qui débute, beaucoup des eurodéputés nouvellement élus devraient repartir en campagne. Ainsi de Marie Dauchy, réélue dimanche au Parlement européen, confirme à Euractiv Virginie Joron, eurodéputée également réélue. Elle aussi, confirme-t-elle, est en discussion pour les législatives.
« Les circonstances sont historiques. Nous avons une possibilité de créer l’alternance », explique de son côté à Euractiv Anne-Sophie Frigout. Cette dernière avait été élue à l’Assemblée nationale en 2022, avant que son élection ne soit invalidée.
Comme elle, Virginie Joron et Marie Dauchy, ce seront probablement ceux qui ont échoué en 2022 qui repartiront en campagne, explique Anne-Sophie Frigout.
Sur les 30 nouveaux eurodéputés de la liste RN, 16 sont dans cette situation.
Les nouveaux entrants
Plusieurs néo députés européens pourraient donc se lancer dans la campagne. Ainsi de Pierre-Romain Thionnet, le directeur des jeunes du RN (RNJ), susceptible de tenter l’aventure.
« C’est une possibilité, bien sûr. Cela sera discuté dans les prochaines heures », expliquait-il à Euractiv dimanche soir, à l’issue de la soirée électorale.
Gaëtan Dussausaye, également élu dimanche et habitué des campagnes nationales, fait quant à lui part de la possibilité de sa candidature dans Vosges-Matin, lundi 10 juin.
De façon générale, « la consigne est de passer l’information à la presse que les députés européens peuvent se représenter », explique Anne-Sophie Frigout. Aucun d’eux n’est donc à l’abri de faire campagne.
Pourquoi faire ?
La pratique n’est pas inhabituelle. En 2022, les eurodéputées Joëlle Mélin et Hélène Laporte avaient rejoint l’hémicycle parisien. « La stratégie était simple : Marine Le Pen [candidate et élue] voulait travailler avec des gens qu’elle connaissait », confie Hélène Laporte à Euractiv.
Aujourd’hui, la vice-présidente de l’Assemblée nationale « trouve normal qu’un parti mette les personnes les plus performantes pour la campagne », sous-entendu les eurodéputés élus, plaide-t-elle.
Surtout qu’une carrière à Paris est bien plus visible qu’à Strasbourg.
« S’il y a effectivement un mouvement patriote qui se lève en Europe, dans l’état actuel des choses, je pense qu’on est d’autant plus utile à l’Assemblée nationale. Surtout quand on est aux portes du pouvoir », veut croire Anne-Sophie Frigout. « On est aussi plus proche du peuple », renchérit-elle.
Thierry Mariani se veut, lui, plus pragmatique. « L’exposition médiatique est quasi nulle à Strasbourg », souligne sans ambages pour Euractiv l’eurodéputé RN qui fut ministre et député Les républicains (LR). « À l’inverse, si vous donnez l’heure aux journalistes à l’Assemblée nationale, cela peut être repris au journal de 20h », ironise-t-il.
En d’autres termes, « Paris égal exposition médiatique, notoriété et confort de vie », conclut Thierry Mariani. Ce dernier restera, pour sa part, à Strasbourg.
Pour les autres, « les candidatures sont en discussion aujourd’hui, avant validation demain » (11 juin), explique Virginie Joron.
Les élections législatives auront lieu entre le 30 juin et le 7 juillet. Si les députés RN venaient à remplir les bancs de l’Assemblée nationale, la tête de liste aux Européennes et président du parti à la flamme, Jordan Bardella, pourrait aussi déserter les couloirs du Parlement strasbourgeois pour s’installer à Matignon.