Les agriculteurs français voient leurs revenus chuter

Le revenu agricole par agriculteur en France a chuté de 16,4 % en 2013, selon la Commission européenne. La variation des prix des céréales en est la raison principale.

/ EURACTIV.fr
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Le revenu agricole par agriculteur en France a chuté de 16,4 % en 2013, selon la Commission européenne. La variation des prix des céréales en est la raison principale.

Selon les premières estimations de la Commission pour 2013, les revenus des agriculteurs français ont fortement chuté, surtout en raison d'un recul du cours des céréales. Leurs prix ont chuté 23,5 % en 2013. À titre de comparaison, ce secteur n’avait enregistré qu'une perte de 1 % en 2012.

Au niveau européen, le recul des revenus représentent atteint 8,3 % dans l'Europe, selon les premières estimations de l'Office statistique de l'Union européenne, Eurostat.

Les Français font pâle figure à côté de grandes économies agricoles comme l'Italie et l'Espagne. Ces deux pays ont enregistré une forte hausse dans les revenus par travailleur de respectivement 8,9 % et 10 %.

Avec une chute de 17,2 %, l'Estonie est le seul pays à enregistrer un déclin plus important que la France.

« L'orientation des [activités agricoles] dans ces pays est la raison principale de ces changements. La France dispose de grandes cultures de céréales et de graines oléagineuses qui ont subi une forte baisse des prix au cours de l'été », indique Roger Waite, porte-parole de la DG agriculture.

Un été froid et humide

En Espagne, la valeur de la production agricole augmente dans certains secteurs, comme les pommes de terre (+ 43,2 %), les cultures industrielles (+ 32,5 %) et les céréales (+ 12,7 %).  En outre, le volume de production céréalière réalisé par la péninsule ibérique s’est accru de 42,5 %.

La Commission explique que la réduction de la production agricole (- 1,1 %) est à l’origine de la baisse de 2,1 % de la valeur du secteur agricole européen.

Dans le nord de l'Europe, les cultures, comme les céréales, sont mauvaises en raison d'un été froid et humide. L'Espagne a pour sa part échappé aux mauvaises conditions climatiques.

D'après les résultats du troisième trimestre 2013 publiés par le baromètre agricole du Copa-Cogeca, les exploitants agricoles sont « notamment préoccupés en raison des évolutions des prix au départ des exploitations, et des conditions météorologiques défavorables ».

Mais l'association des agriculteurs ajoute dans un communiqué que « même si le coût des intrants a connu une légère amélioration, en particulier le prix des aliments pour animaux, de nombreux agriculteurs jugeaient encore très élevés le coût du carburant ».

Les récoltes dans les pays méditerranéens comme l'Espagne et l'Italie ne suffisent pas à compenser les mauvais résultats dans le reste du continent : l'ensemble de l'UE a enregistré un déclin d’1,3 % en revenu agricole en 2013. La baisse de la valeur des céréales pourrait être un facteur important, mais les agriculteurs tiennent pour responsable la hausse des coûts des intrants (+ 0,8 %) par rapport à la valeur agricole.

Pekka Pesonen, le secrétaire général de la Copa-Cogeca, déclare :  « Les chiffres concernant le revenu agricole par travailleur montrent que les agriculteurs restent confrontés au ciseau des prix, avec des intrants dont le coût augmente plus rapidement que la valeur de la production agricole.  La situation des revenus est fragile. »

La France délaisse les céréales

D'après les producteurs français de céréales, les prix de marché doivent refléter les coûts de production.

Il est nécessaire d’avoir des prix plus élevés pour avoir un revenu supérieur à celui qui a été publié », déclare Pascal Hurbault, porte-parole d’Orama, union française qui fédère des associations de producteurs de blé, de maïs et de graines oléagineuses.

Il ajoute que « des sociétés interviennent » entre le site de production et le marché. En d’autres termes, la plupart des revenus du secteur ne reviennent pas aux agriculteurs.

Grâce à la réforme de la PAC, les États membres ont plus de souplesse pour diviser leur propre régime de soutien agricole et l'utilisation des paiements.

La France a décidé de basculer une partie des aides sur le bétail, ce qui risque de provoquer une baisse des subventions pour les cultures arables, comme les céréales.

>> Lire : Les céréaliers français se désolent de la nouvelle PAC