Les agriculteurs tchèques protestent contre les étiquettes trompeuses sur l’origine des aliments

Les principaux groupes agricoles tchèques, dont la Chambre agraire de la République tchèque et l’Association agricole tchèque, se sont joints à une initiative européenne pour une réglementation plus stricte en matière d’étiquetage sur l’origine des denrées alimentaires.

EURACTIV République tchèque
Czech and Polish farmers strike at a border crossing in the Czech Republic
Des agriculteurs tchèques et polonais avec leurs tracteurs lors d'une manifestation contre la politique agraire de l'UE au poste frontière tchéco-polonais de Chotebuz-Boguszowice à Chotebuz, en République tchèque, le 22 février 2024. [Lukas Kabon/Anadolu via Getty Images]

PRAGUE — Les principaux groupes agricoles tchèques, dont la Chambre agraire de la République tchèque et l’Association agricole tchèque, se sont joints à une initiative européenne pour une réglementation plus stricte en matière d’étiquetage sur l’origine des denrées alimentaires.

Cette campagne vise à mettre un terme aux cas d’étiquetage alimentaire trompeur. Selon les organisations agricoles, les produits importés sont souvent vendus dans l’Union européenne (UE) sous des étiquettes qui suggèrent qu’ils proviennent d’autres pays européens, souvent plus fiables.

« Les consommateurs européens, y compris tchèques, ont le droit de connaître l’origine de tous les produits présents sur le marché commun européen », a déclaré Jan Doležal, président de la Chambre agraire tchèque.

« En Europe, nous disposons de normes très strictes qui nous permettent de garantir une qualité et une sécurité alimentaire élevées. En dissimulant le véritable pays d’origine, on induit les consommateurs en erreur », a-t-il ajouté.

Les agriculteurs tchèques affirment que les étiquettes trompeuses ne nuisent pas seulement aux consommateurs, mais qu’elles créent également une concurrence déloyale pour les producteurs locaux qui, eux, sont tenus de respecter les normes strictes de l’Union.

La campagne, officiellement classée comme initiative citoyenne européenne en vertu des règlements de l’UE, est menée par l’organisation italienne Coldiretti, en coopération avec des groupes d’Europe centrale, y compris des groupes d’agriculteurs tchèques.

À l’heure actuelle, les règles européennes n’exigent que la mention du lieu de l’opération de transformation finale, telle que le reconditionnement, qui peut n’avoir que peu de rapport avec le lieu de production initial de la denrée alimentaire.

Selon les agriculteurs, cette lacune permet aux importations extracommunautaires d’inonder le marché européen sans révéler leur véritable origine, laissant les consommateurs dans l’ignorance.

« Les importations bon marché en provenance des pays tiers, tels que l’Ukraine ou les pays d’Amérique du Sud dans le cadre de l’accord avec le Mercosur, exercent une pression croissante sur les agriculteurs européens. Si les gens veulent savoir ce qu’ils achètent vraiment, l’étiquetage des produits alimentaires doit être clair et équitable », a abondé Martin Pýcha, président de l’Association agricole tchèque.

Il a souligné que les agriculteurs de l’UE sont confrontés à des coûts de production élevés en raison des réglementations strictes, alors que les importations étrangères proviennent souvent de régions où les normes et les coûts sont moins élevés. « Les consommateurs disposent aujourd’hui d’un pouvoir considérable. S’ils exigent des aliments européens de haute qualité, étiquetés de manière équitable et produits de manière durable, le marché devra s’adapter », a-t-il conclu.