Les candidats à l’élection présidentielle française face à la crise russo-ukrainienne
Alors que les tensions sont au plus fort dans la crise entre l’Ukraine et la Russie, nous avons voulu nous pencher sur les positions des principaux candidats à l’élection présidentielle.
Alors que les tensions sont au plus fort dans la crise entre l’Ukraine et la Russie, nous avons voulu nous pencher sur les positions des principaux candidats à l’élection présidentielle. Qu’auraient-ils fait s’ils avaient été président ? Quel type de relations envisagent-ils avec la Russie, si d’aventure ils étaient élus en avril 2022 ?
Le président sortant Emmanuel Macron œuvre, depuis des semaines, à une désescalade des tensions entre Russes et Ukrainiens, en coopération étroite avec ses partenaires américains et européens. Celui qui avait jugé que l’OTAN était « en état de mort cérébrale », plaide aujourd’hui pour des « sanctions européennes ciblées ». Une position partagée par une partie des candidats, alors que d’autres plaident pour un rapprochement avec la Russie.
La gauche partagée entre « non-alignement » et sanctions à l’égard des Russes
De leur côté, les candidats de la gauche radicale, en particulier Jean-Luc Mélenchon (LFI) et Fabien Roussel (PCF), sont ceux qui prônent le plus explicitement un « non-alignement » de la France dans les tensions qui opposent les Russes aux Ukrainiens, ni du côté de la Russie, ni du côté de l’OTAN.
En affirmant souhaiter une « désescalade », le candidat insoumis reproche à Emmanuel Macron d’avoir « fait monter le ton ». Le candidat communiste souhaite que la France retrouve « sa voix » afin de cesser de se ranger « derrière la politique de guerre américaine », et appelle à tendre la main, « ferme mais ouverte » aux Russes.
Quant à l’aile plus centriste de la gauche, tous considèrent que les pays européens ont à se montrer unis. Anne Hidalgo (PS) appelle à des « sanctions lourdes » à l’égard de Moscou, pour montrer que l’Europe « parle d’une voix ferme », de même que son concurrent écologiste Yannick Jadot qui demande des sanctions contre les avoirs des « responsables ». Christiane Taubira (indépendante) privilégie la voie diplomatique, coordonnée avec les partenaires européens, bien qu’elle juge tardive l’initiative de travailler à la paix.
M. Jadot souhaite également une vraie « politique européenne de défense », dont l’absence contraindrait à se référer uniquement à l’OTAN. Puisqu’ils seraient empêchés d’agir face à M. Poutine à cause du projet de gazoduc Nord Stream 2, les Européens doivent l’abandonner selon l’écologiste.
Les droites appellent à un rapprochement avec la Russie
À droite, Valérie Pécresse (LR) se dit également favorable à une coordination européenne sur ces sujets, notamment par l’organisation d’ « une nouvelle conférence sur la sécurité en Europe qui puisse donner naissance à un conseil de sécurité paneuropéen de l’Atlantique à l’Oural », car « on peut faire sans les États-Unis », juge-t-elle, bien qu’ils soient « forcément partenaires ».
« Une guerre avec l’Ukraine, serait une terrible erreur » de la part des russes, selon la candidate Les Républicains, mais son adhésion dans l’OTAN « n’est pas à l’ordre du jour » pour autant.
L’extrême droite française, traditionnellement proche du régime de Moscou, parle d’une seule voix sur ce dossier. Tant Marine Le Pen (RN) qu’Éric Zemmour (Reconquête) expliquent que, selon eux, la désescalade des tensions russo-ukrainiennes n’est possible qu’en actant officiellement le fait que « l’Ukraine ne rentre jamais dans l’OTAN », en cédant ainsi à la demande du président russe, Vladimir Poutine. Éric Zemmour propose d’y procéder lors d’un « grand traité européen de paix », à l’occasion duquel il souhaite obtenir des Russes qu’ils respectent les frontières ukrainiennes en contrepartie.
L’extension de l’alliance atlantique aux frontières russes « crée une forme d’inquiétude » de la part de la Russie, selon la candidate du Rassemblement national. Nicolas Dupont-Aignan, qui s’était prononcé en faveur d’une « grande alliance » entre l’Europe et la Russie, relève la nécessité, selon lui, de faire de l’Ukraine un « État neutre » avec une reconnaissance de l’autonomie du Donbass en contrepartie.