Les centres pour exilés gérés par l’Italie en Albanie accueilleront bientôt les premiers arrivants
Un centre de gestion des réfugiés mis en place en Albanie dans le cadre d’un accord entre l’Italie et l’Albanie entrera en service la semaine prochaine, a annoncé samedi 12 octobre le ministre italien de l’Intérieur, Matteo Piantedosi.
Un centre de gestion des réfugiés mis en place en Albanie dans le cadre d’un accord entre l’Italie et l’Albanie entrera en service la semaine prochaine, a annoncé samedi 12 octobre le ministre italien de l’Intérieur, Matteo Piantedosi.
Les deux installations prévues par l’accord devaient initialement ouvrir le 20 mai, mais la date a été repoussée à plusieurs reprises. Les fortes chaleurs des mois d’été et plusieurs feux de forêt ont fait que le site de Gjadër n’est devenu opérationnel que le 9 octobre.
« Les activités devraient commencer la semaine prochaine, même si nous espérons que ce ne sera pas nécessaire, c’est-à-dire que nous n’aurons pas à y transférer des personnes. Tout dépend de ce qui se passe en Méditerranée », a déclaré Matteo Piantedosi samedi lors d’un événement organisé par le journal Il Foglio.
Le ministre de l’Intérieur a toutefois ajouté que, compte tenu du flux migratoire continu, il est « très probable » que les premières personnes seront transférées dans les installations albanaises dans les prochains jours.
Le ministre a souligné que les installations albanaises sont comparables à celles de l’Italie, précisant qu’il s’agit de « centres de confinement légers, et non de centres de détention ».
« Il n’y a pas de barbelés, une assistance est fournie et tous peuvent demander une protection internationale », a ajouté Matteo Piantedosi.
En novembre de l’année dernière, la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, et le Premier ministre albanais, Edi Rama, se sont mis d’accord pour créer en Albanie des centres de traitement des migrants gérés par l’Italie.
L’accord, d’une durée initiale de cinq ans avec une possibilité de prolongation de cinq ans, permet à l’Italie de transférer les migrants secourus par les navires italiens, mais pas par les ONG internationales, directement vers deux centres nouvellement construits en Albanie, où seront effectuées les procédures d’identification et d’enregistrement afin de soulager les centres d’accueil italiens.
Le site de Gjadër compte 880 lits et celui de Shëngjin a une capacité d’environ 200 personnes. Les exilés resteront dans les centres fermés pendant le traitement de leur demande d’asile et, lorsqu’une décision sera prise, ils seront transférés soit vers l’Italie, soit vers leur pays d’origine, soit vers un pays tiers. Les sites restent sous la juridiction italienne et seront surveillés en interne par les autorités italiennes.
Cette externalisation du contrôle des frontières a été très bien accueillie par l’Union européenne et plusieurs de ses dirigeants, qui y voient un modèle de gestion future des flux migratoires croissants.
Des membres du personnel du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) surveilleront les centres pour s’assurer que les droits des exilés sont respectés et que ces derniers ont accès à des soins de santé ainsi qu’à une assistance juridique.
Entre-temps, la Cour de justice de l’UE pourrait réexaminer l’accord après un arrêt récent mais non contraignant rendu le 4 octobre, qui questionne la désignation de « pays d’origine sûrs » si l’entièreté du territoire du pays ne l’est pas, mettant ainsi en doute le cadre juridique qui sous-tend l’accord entre l’Italie et l’Albanie.
Les médias et l’opposition ont également critiqué l’accord pour son manque de transparence dans la gestion des contrats. Une enquête menée par le journal Domani a révélé que plus de 60 millions d’euros avaient été attribués sans appel d’offres.
L’enquête a déclenché une réaction de la part des partis d’opposition, qui demandent maintenant des éclaircissements sur la manière dont les fonds publics ont été utilisés pour construire les deux centres de détention de migrants en Albanie.
L’Alliance des Verts et de la Gauche (AVS, La Gauche et Verts/ALE) et le Parti Démocrate (S&D) ont tous deux annoncé leur intention d’ouvrir une enquête parlementaire.
« Quel est le montant total dépensé jusqu’à présent pour la construction des centres de Gjadër et de Shëngjin en Albanie ? Et qui a été impliqué ? » ont demandé au gouvernement leurs députés au Parlement et au Sénat..
« Le gouvernement doit rendre publique la liste des entreprises, y compris les sous-traitants, impliquées dans la construction et la gestion ultérieure des deux centres de Gjadër et Shëngjin, et clarifier les critères utilisés pour les sélectionner afin de garantir une transparence totale compte tenu de la sensibilité de la question », ont-ils ajouté.
[Édité par Anna Martino]