Les chauves-souris européennes prolifèrent de nouveau
Après un important déclin, le nombre de chauves-souris aurait augmenté de 40 % entre 1993 et 2001. Mais l’Agence européenne de l’environnement souligne que certaines espèces restent menacées.
Après un important déclin, le nombre de chauves-souris aurait augmenté de 40 % entre 1993 et 2001. Mais l’Agence européenne de l’environnement souligne que certaines espèces restent menacées.
Les chauves-souris sont extrêmement sensibles aux polluants, aux changements de températures et aux modifications de leurs habitats naturels.
Hibernant dans de sombres cavités (sous les ponts, dans les tunnels, ou dans des écorces d’arbres), les chauves-souris ont souffert de l’architecture récente des villes qui ne leur laissait aucune place. Ces dernières années elles ont subi les conséquences de l’agriculture intensive utilisant des pesticides à profusion tel le « dieldrine ». Ceci affectait leur immunité et provoquait la raréfaction de leur nourriture, constitué exclusivement d’insectes. À cela s’ajoutait le faible taux de reproduction des chauves-souris. Pourtant, le dernier rapport de l’Agence européenne de l’environnement témoigne d’une augmentation de 40 % des chauves-souris sur le territoire européen entre 1993 et 2001.
Architecture et polluants pointés du doigt
Hans Bruyninckx, le directeur de l’Agence européenne de l’environnement, s’en félicite, mais reste tout de même prudent : « C’est très encourageant de voir la population européenne de chauves-souris se développer après un massif déclin. Cela laisse entendre que les politiques de protection ont été efficaces. Toutefois, plusieurs espèces sont toujours en danger ; et la préservation de leur habitat reste une priorité. » Les accords EUROBATS, signés en 1991 à la suite de la convention sur les espèces migratoire (CMS), et destinés à protéger les chauves-souris dans l’UE, ont marqué une réelle évolution dans la perception du mammifère volant par les Européens, qui ont soudainement pris conscience de sa potentielle disparition.
Le directeur de l’Agence européenne de l’environnement a aussi déclaré « (…) la surveillance des chauves-souris permet également de mesurer l’impact des changements climatiques sur l’écosystème. » En effet, les chauves-souris étant particulièrement sensibles aux changements de températures, s’avèrent être un excellent témoin des effets du réchauffement climatique.
16 espèces en Europe
Le récent rapport a permis de construire un indicateur européen de surveillance des chauves-souris, à partir d’un indice combinant l’évolution de 16 espèces différentes présentent dans l’UE.
Il s’agissait d’utiliser des méthodes similaires à celles employées dans l’étude sur déclin des papillons de prairies. Pour mener cette analyse, 6000 sites fréquentés par les chauves-souris ont été observés par une équipe constituée de plus de 760 volontaires, à travers 9 pays européens.
Cette étude n’aurait pas pu aboutir sans le concours de différentes organisations gouvernementales et non gouvernementales telles la « Bat Consevation Trust (BCT) » ou encore la « Dutch Mammal Society (DMS) ».
La stratégie de protection de la biodiversité dans l’UE est une des priorités pour 2020.