Les conservateurs allemands menacent d’expulser Les Républicains du PPE au Parlement européen en cas d'alliance avec Marine Le Pen

L’association potentielle du parti conservateur français Les Républicains (LR) avec le parti d’extrême droite de Marine Le Pen suscite l’inquiétude en Allemagne.

Euractiv.com
11567059-e1718164653203-800×450
La CDU/CSU allemande intervient également en menaçant d’expulser LR de leur famille politique commune au Parlement européen, le Parti populaire européen (PPE), s’ils se rallient au projet de M. Ciotti. [EPA-EFE/ANNA SZILAGYI]

L’association potentielle du parti conservateur français Les Républicains (LR) avec le parti d’extrême droite de Marine Le Pen suscite l’inquiétude en Allemagne. De fait, les conservateurs de la CDU/CSU menacent de les expulser de leur groupe commun au sein de l’UE, le Parti populaire européen (PPE).

Les Républicains se retrouvent en difficulté après l’annonce de leur président, Éric Ciotti, mardi (11 juin) de s’allier au parti populiste d’extrême droite Rassemblement national (RN) de Marine le Pen en vue des prochaines élections législatives anticipées.

La CDU/CSU allemande intervient également en menaçant d’expulser LR de leur famille politique commune au Parlement européen, le Parti populaire européen (PPE), s’ils se rallient au projet de M. Ciotti.

« Si Les Républicains français prennent vraiment ce chemin vers la droite, il n’y aura plus de place au sein du PPE pour ce parti autrefois fier, qui se marginalise par une telle ingratitude », a déclaré à Euractiv le député allemand Jürgen Hardt, porte-parole de la CDU/CSU sur la politique étrangère, mardi (11 juin).

Historiquement, la CDU/CSU s’est toujours opposé à toute collaboration avec l’extrême droite.

Bien que les partis CDU/CSU ont récemment assoupli leur position concernant l’extrême droite, flirtant ouvertement avec l’idée de faire équipe avec Fratelli d’Italia, parti de la Première ministre italienne Giorgia Meloni, une collaboration avec Mme Le Pen reste inenvisageable.

Pour être partenaire du PPE, les partis doivent adhérer aux principres pro-européens, pro-OTAN, pro-État de droit et pro-Ukraine, comme l’a régulièrement souligné la CDU/CSU lors des élections européennes, conformément à la position de la tête de liste du groupe, Ursula von der Leyen.

Cependant, le parti de Mme Le Pen ne répond pas actuellement à ces conditions.

L’annonce de M. Ciotti a suscité de vives réactions au sein de son propre parti, plusieurs membres éminents des LR demandant sa démission.

Leurs homologues allemands sont également convaincus que les LR éviteront une collaboration avec l’extrême droite, comme certains de leurs membres l’ont déjà suggéré.

« Je pense qu’il est possible que la déclaration du président des LR n’ait aucune validité parmi les membres et signifie la fin de sa carrière politique », a déclaré Jürgen Hardt, ajoutant que « ceux que je connais au sein des LR pensent différemment de M. Ciotti ».