Marbres du Parthénon : Athènes et Londres à nouveau dans l'impasse
Ce différend, qui dure depuis des décennies, a envenimé les relations entre la Grèce et le Royaume-Uni
Les négociations entre le British Museum et la Grèce concernant la restitution des marbres du Parthénon n’ont pas permis de résoudre ce différend qui dure depuis des décennies et qui continue d’attiser la colère à Athènes.
La dernière série de négociations, entamée il y a cinq ans, a échoué, rapporte The Telegraph, les deux parties n’étant pas parvenues à s’entendre sur le statut juridique sous lequel les marbres du Parthénon seraient restitués à la Grèce : à titre définitif ou à titre de prêt.
La partie britannique prône un accord de prêt, ce que la Grèce rejette catégoriquement. Selon des diplomates à Athènes, accepter un prêt reviendrait pour la Grèce à reconnaître indirectement que le British Museum est propriétaire des sculptures.
Le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a écrit jeudi dans The Guardian qu’Athènes ne peut accepter aucun accord qui obligerait la Grèce à reconnaître la propriété des sculptures par le British Museum, ni aucun accord qui reviendrait en fait à ce que la Grèce emprunte des parties de son propre monument.
Les espoirs d’une éventuelle avancée à Athènes ont été ravivés lorsque Andy Burnham est devenu Premier ministre du Royaume-Uni, car il s’était auparavant ouvertement prononcé en faveur de la restitution des marbres à la Grèce. Cependant, peu après son entrée en fonction, Burnham a semblé faire marche arrière, affirmant que cette question relève de la compétence du British Museum.
Les marbres ont été emportés de Grèce entre 1801 et 1804 par Lord Elgin, alors qu’Athènes était sous domination ottomane.
En 1806, les sculptures ont été acheminées en Grande-Bretagne, puis, en 1816, le gouvernement britannique les a acquises auprès d’Elgin. Elles sont conservées au British Museum depuis lors.
La Grèce soutient que les marbres ont été emportés illégalement et devraient être restitués à Athènes, tandis que la position britannique a toujours été qu’Elgin avait obtenu l’autorisation des autorités ottomanes, qui gouvernaient Athènes à l’époque.
La Grèce a demandé officiellement leur restitution pour la première fois en 1984, lorsque la ministre de la Culture de l’époque, Melina Mercouri, a lancé une campagne internationale en faveur de leur rapatriement.
(ow)