Les dirigeants cherchent un terrain d'entente sur la Libye post-Kadhafi
Plus de 40 gouvernements et organisations internationales se rencontrent aujourd'hui (29 mars) à Londres afin de tenter de préparer le terrain pour une Libye sans Mouammar Kadhafi.
Plus de 40 gouvernements et organisations internationales se rencontrent aujourd'hui (29 mars) à Londres afin de tenter de préparer le terrain pour une Libye sans Mouammar Kadhafi.
Alors que les forces de la coalition pilonnent les tanks et l'artillerie de Kadhafi, la conférence de Londres discutera de l'intensification de l'aide humanitaire dans les zones ravagées par la guerre et demandera un processus politique pour permettre aux Libyens de choisir leur propre avenir, ont déclaré des fonctionnaires britanniques.
Le premier ministre du Royaume-Uni, David Cameron, et le président français, Nicolas Sarkozy, qui ont pris la tête d'une intervention musclée dans le conflit libyen, ont demandé lundi à Kadhafi de s'en aller et à ses partisans de l'abandonner avant qu'il ne soit « trop tard ».
« Nous appelons tous les Libyens qui estiment que Kadhafi mène la Libye à la catastrophe à se mobiliser dès à présent pour forger un processus de transition», ont-ils dit dans une déclaration commune.
La réunion à Londres devrait former un « groupe pilote » de haut niveau, comprenant des Etats arabes, qui aura pour objectif de définir l'orientation politique de la réponse internationale à la crise libyenne et de coordonner le soutien à long terme qui devra être apporté aux Libyens.
L'accord sur la prise de contrôle des opérations militaires en Libye par l'OTAN fut reporté suite aux inquiétudes exprimées par la Turquie s'agissant des victimes civiles.
Le ministre turc des affaires étrangères, Ahmet Davuto?lu, a dit aux journalistes qui l'ont accompagné à Londres que la protection des civils était la première priorité et que des leçons devraient être tirées des interventions en Irak et en Afghanistan.
La Turquie, un important membre musulman de l'OTAN, a affirmé qu'elle souhaitait faire partie du « groupe pilote ». La Turquie n'avait pas été invitée à la conférence de Paris le 19 mars (voir « Background »).
M. Davuto?lu a déclaré que l'OTAN pourrait faire pression sur Kadhafi pour qu'il arrête d'attaquer les civils et qu'il observe un cessez-le-feu, et qu'ensuite, le peuple libyen devrait être en position de décider de la manière de reconstruire un système politique dans le pays.
« En Irak et en Afghanistan, nous avons assisté à une opération militaire sans objectif politique », a-t-il expliqué.
Un groupe de haut niveau
La Grande-Bretagne souhaite que cette réunion permette de renforcer l'engagement international dans la mise en application des deux résolutions de l'ONU concernant la Libye alors que la Russie critique la coalition, l'accusant d'avoir opéré des frappes militaires en outrepassant ce qui avait été convenu par les Nations unies.
La réunion, qui débutera à 13h GMT et devrait se terminer par une conférence de presse à 16h30 GMT, pourrait également aborder des sanctions supplémentaires vouées à isoler Kadhafi, a précisé un diplomate.
Plus de 40 ministres des affaires étrangères, y compris la secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, et des ministres européens, de pays de l'OTAN et d'un certain nombre de pays arabes, prendront part à la réunion.
Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, et les dirigeants de l'Union africaine, de l'Organisation de la conférence islamique et de l'OTAN participeront également, tout comme le premier ministre du Qatar, Cheik Hamad bin Jassim al-Thani et un représentant de la Ligue arabe.
La Russie, qui ne fait pas partie de la coalition, ne sera pas présente, a déclaré un fonctionnaire britannique.
Encouragés par les frappes aériennes orchestrées par l'Occident contre les forces de Kadhafi, les rebelles ont progressé à l'ouest vers la ville natale du colonel ce lundi. L'Italie a, quant à elle, proposé un accord politique pour mettre fin à la crise qui impliquerait un cessez-le-feu rapide, l'exile pour Kadhafi et un dialogue entre les rebelles et les chefs tribaux.
Le ministre des affaires étrangères, Franco Frattini, a déclaré qu'il avait discuté de ces propositions avec l'Allemagne, la France et la Suède et qu'il souhaitait en discuter avec la Turquie avant la réunion de Londres.
Le porte-parole de M. Frattini a déclaré que l'Italie espérait que la conférence de Londres exprimerait une « vision unie » concernant la Libye post-Kadhafi, impliquant un cessez-le-feu contrôlé par la communauté internationale et un « dialogue inclusif entre le conseil des rebelles, les chefs tribaux et les autres acteurs de la société libyenne, excepté Kadhafi ».
La Grande-Bretagne a invité à Londres Mahmoud Jebril, un membre du Conseil national libyen, mais il n'a pas été officiellement invité à la conférence, a révélé une source diplomatique.
(EURACTIV avec Reuters. Article traduit de l'anglais par EURACTIV)