Les dirigeants européens resserrent l'étau autour de Kadhafi
Les leaders de l'UE ont adopté de nouvelles sanctions hier (24 mars) à l'encontre du régime de Mouammar Kadhafi et ont demandé à la communauté internationale de s'assurer que les revenus du pétrole et du gaz libyen n'arrivent pas dans les caisses du régime. Dans le même temps, l'OTAN a déclaré qu'elle renforcerait la zone d'exclusion aérienne en Libye mais qu'elle s'abstiendrait de prendre le commandement des opérations militaires de l'ONU dans le pays.
Les leaders de l'UE ont adopté de nouvelles sanctions hier (24 mars) à l'encontre du régime de Mouammar Kadhafi et ont demandé à la communauté internationale de s'assurer que les revenus du pétrole et du gaz libyen n'arrivent pas dans les caisses du régime. Dans le même temps, l'OTAN a déclaré qu'elle renforcerait la zone d'exclusion aérienne en Libye mais qu'elle s'abstiendrait de prendre le commandement des opérations militaires de l'ONU dans le pays.
Dans une déclaration publiée à la fin du premier jour du sommet de l'Union européenne, les dirigeants des 27 Etats membres se sont dits prêts à élaborer et à adopter des sanctions supplémentaires, y compris des mesures visant à s'assurer que les revenus du gaz et du pétrole n'arrivent pas dans les caisses du régime de Kadhafi.
Les Etats membres feront des propositions similaires au Conseil de sécurité des Nations unies, peut-on lire dans la déclaration.
Le renforcement des sanctions sur le gaz et le pétrole était nécessaire afin que Kadhafi n'ait pas la possibilité de payer ses mercenaires grâce à ses ressources pétrolières, a déclaré le président français, Nicolas Sarkozy.
Toutefois, il n'est pas sûr que les ressources pétrolières dans la région du pays contrôlée par les rebelles puissent être exploitées.
« L'UE est prête à promouvoir ce dialogue, y compris avec le Conseil national de transition, et à assister une nouvelle Libye du point de vue économique et pour la création de ses nouvelles institutions en coopération avec les Nations unies, la Ligue arabe et l'Union africaine, entre autres », précise les conclusions du Conseil.
L'Allemagne, qui s'est abstenue lors du vote de la résolution 1793 du Conseil de sécurité de l'ONU la semaine dernière, a demandé un embargo « total » sur le pétrole pour la Libye. La France, quant à elle, craindrait que de telles sanctions portent un coup aux rebelles qui dominent la partie est du pays riche en pétrole.
La France a insisté pour que le Conseil national des rebelles soit reconnu et Paris a même annoncé l'envoi d'un « ambassadeur » dans la capitale des insurgés, Benghazi.
Toutefois, plusieurs pays de l'UE se sont opposés à une telle ouverture.
Dans le même temps, l'OTAN a déclaré qu'elle renforcerait la zone d'exclusion aérienne en Libye mais s'est abstenue de prendre la tête des opérations militaires de l'ONU visant à protéger les civils des forces fidèles au dirigeant libyen, Mouammar Kadhafi, rapporte Reuters.
L'OTAN exercera le commandement du renforcement de la zone d'exclusion aérienne et les frappes au sol resteront sous la direction des Etats-Unis, de la France et de la Grande-Bretagne.
Nicolas Sarkozy : « la coordination doit rester éminemment politique »
M. Sarkozy a insisté sur le fait que la coordination de la campagne internationale en Libye devait « rester éminemment politique », même si l'OTAN prend la tête des opérations. « La coordination opérationnelle, technique, se fera au niveau de l'Otan, mais la coordination politique se fera au niveau de la coalition » lancée par les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France, a-t-il martelé.
« Chacun doit comprendre que la coordination doit rester éminemment politique, même si elle reposera sur la machinerie de l'Otan », a déclaré M. Sarkozy à la presse. Cela, a-t-il ajouté, permettrait aux partenaires arabes, à savoir le Qatar et les Emirats arabes unis, de prendre part au processus de prise de décision.
Paris argue que mettre l'OTAN seule aux commandes entraverait le soutien de monde arabe dans la mesure où les Etats-Unis n'y sont pas très populaires. Après quatre jours de discussion, les ambassadeurs de l'OTAN sont parvenus à un certain accord.
« A ce moment-là, il y aura toujours une opération de la coalition et une opération de l'OTAN », a déclaré aux journalistes le secrétaire général de l'Alliance, Anders Fogh Rasmussen. Le mandat de l'OTAN n'allait pas plus loin que la mise en œuvre de l'embargo sur les armes de l'ONU et de la zone d'exclusion aérienne, a-t-il ajouté.
Un porte-parole du gouvernement britannique a déclaré que la décision de l'OTAN d'assumer le commandement et le contrôle de la zone d'exclusion aérienne ainsi que de l'embargo sur les armes déjà en vigueur était un grand pas en avant.
La décision des Emirats arabes unis de fournir douze avions pour l'opération est la preuve du rôle « réel et tangible » du monde arabe, a-t-il ajouté.
Une décision de l'OTAN attendue pour dimanche
Les fonctionnaires de l'OTAN ont affirmé qu'une décision était attendue pour dimanche concernant l'élargissement de son mandat afin qu'elle puisse prendre la tête de toutes les opérations militaires et des frappes ciblées au sol afin de protéger les civiles menacés par les forces du colonel Kadhafi.
Précédemment, le ministre turc des affaires étrangères, Ahmet Davuto?lu, avait dit aux journalistes : « L'opération sera totalement transférée à l'OTAN et il y aura un seul commandement et un contrôle ».
Jeudi, le parlement turc a autorisé le gouvernement à participer aux opérations militaires en Libye, y compris à la mise en œuvre de la zone d'exclusion aérienne.
Les Etats-Unis, déjà engagés en Irak et en Afghanistan, souhaiterait prendre du recul et jouer un rôle d'appui en Libye, préserver l'unité de l'alliance et assurer le soutien des pays musulmans à l'intervention de l'ONU.
La secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, a déclaré que des responsables militaires avaient été autorisés à lancer une mission plus vaste de protection des civiles et que l'OTAN conviendrait bien pour cette mission.
Le nombre d'interventions aériennes américaines a largement diminué depuis que les autres pays ont accru leur rôle, a-t-elle ajouté.
Les représentants du régime Kadhafi et les représentants des rebelles devraient participer à une réunion de l'Union africaine à Addis Ababa en Ethiopie vendredi, selon le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, qui a qualifié cette initiative d'effort pour aboutir à un cessez-le-feu et à une solution politique.