Les Écologistes sauvent de justesse leurs sièges au Parlement européen

La liste de Marie Toussaint a obtenu 5,2 % des voix selon des résultats provisoires, ce qui permet aux Verts de conserver plusieurs sièges au Parlement européen. Lors de la soirée électorale, l’heure était à l'introspection et à la reconstruction d'une gauche unie.

Euractiv France
This article is part of our special report "Élections européennes 2024 : tour d’horizon des résultats"
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Il s'en est fallu de peu pour la liste Les Ecologistes conduite par Marie-Toussaint. Avec 5,2 % des voix, les écologistes français devraient envoyer entre 4 et 5 eurodéputés à au Parlement européen.

La liste de Marie Toussaint a obtenu 5,2 % des voix selon des résultats provisoires, ce qui permet aux Verts de conserver plusieurs sièges au Parlement européen. Lors de la soirée électorale, l’heure était à l’introspection et à la reconstruction d’une gauche unie.

Il s’en est fallu de peu pour la liste Les Écologistes conduite par Marie Toussaint. Avec 5,2 % des voix selon les premières estimations à 20h, dimanche (9 juin), les écologistes français devraient envoyer entre 4 et 5 eurodéputés au Parlement européen, moins de la moitié du mandat précédent, où ils avaient obtenu 12 sièges.

« L’extrême droite sourit et l’écologie est en berne […] Notre défaite est sèche, amère », a annoncé Marie Toussaint aux militants réunis à Paris, au siège des Écologistes, ce dimanche soir, après l’annonce des résultats.

Passé le soulagement, les visages restent sombres, les larmes coulent. Car malgré tout, la défaite est évidente, au regard des 13,4 % de Yannick Jadot en 2019, qui s’était placé en troisième position, derrière le Rassemblement national (RN) et Renaissance.

Cette fois, la liste des verts se retrouve en septième position derrière les deux mêmes formations, mais avec des résultats également inférieurs à ceux du Parti socialiste (PS) de Raphaël Glucksmann (14 %), de la France Insoumise (8,7 %), des Républicains (7,2 %) et, plus surprenant, de Reconquête! (5,5 %).

« Nous n’avons pas su convaincre au-delà de notre socle », a reconnu la tête de liste, qui gardera néanmoins son siège à Strasbourg.

Travail d’introspection et de reconstruction

Créditée entre 5 et 8 % des suffrages tout au long de la campagne, la tête de liste n’a jamais pu décoller. Il y a cinq ans, le parti avait su créer la surprise en profitant du contexte de mobilisation – des jeunes notamment – autour de la lutte contre le réchauffement climatique.

Pour les militants et élus présents lors de l’annonce des résultats, les causes de la défaite sont multiples. Les crises successives qu’ont connues la France et l’Europe depuis cinq ans ont placé les préoccupations écologiques au second plan.

Au-delà des transferts de voix vers la France Insoumise, mais surtout vers son rival socialiste Raphaël Glcuksmann qui obtient 14 % des suffrages, Marie Toussaint a fustigé la « force de Tik Tok » et le « règne du mensonge et des faux semblants » qui ont entaché, selon elle, la campagne.

Selon les militants, ces résultats peuvent également s’expliquer par la faible place de l’écologie dans l’espace médiatique. Ils s’appuient sur une récente étude de la Fondation Jean Jaurès publiée jeudi 23 mai, qui indique que les thématiques environnementales auraient en effet reculé de 30 % dans les médias par rapport à 2019.

Pour les cadres de la liste, cela ne rend pas justice au travail du groupe écologiste au Parlement européen, qui a contribué au vote du Pacte vert pour l’Europe (Green Deal) en 2020.

Dans son discours d’une dizaine de minutes, Marie Toussaint a insisté sur l’avenir, « au travail d’introspection et de reconstruction », que doit engager le mouvement.

« Nous allons devoir refuser la guerre des gauches », a-t-elle insisté, dans la ligne de ce qu’elle défend depuis plusieurs mois, afin de contrer l’extrême droite.

« Quand l’extrême droite est au-delà de 30 %, tout le monde à gauche doit revenir à la raison », avait-elle affirmé lors d’une interview à Libération quelques jours avant les élections.

Reste à convaincre la France Insoumise (LFI), hostile au « saut fédéraliste » des écologistes, et surtout Raphaël Glucksmann, qui s’est moins prononcé sur certaines politiques environnementales ou migratoires.

Tendance générale

Le recul des verts français semble suivre une tendance générale en Europe.

En Allemagne, les premières estimations de l’institut Infratest Dimap sur la chaîne ARD témoignent d’un recul des verts de 8,5 points, avec 12 % des voix, contre 20,5 % en 2019.

Le groupe des écologistes européens, les Verts/Alliance libre européenne (ALE) devrait donc perdre des sièges. Selon les dernières projections d’Europe Elects fin avril, ils passeraient 74 depuis 2019 à une cinquantaine.

Des alliances seront donc plus que jamais nécessaires pour les écologistes français et leurs collègues européens, d’autant plus que le Pacte vert devrait revenir sur le devant de la scène lors de la nouvelle législature.

La tête de liste des Verts européens, Terry Reintke, avait évoqué une possible alliance avec la majorité, composée de la droite (PPE), des centristes (Renew) et des sociaux-démocrates (S&D), afin de « faire vraiment avancer l’Union européenne », notamment sur le Green Deal.

Mais les verts européens ont prévenu qu’il n’y aurait pas d’alliance avec le PPE si celui-ci, comme l’avait suggéré Ursula von der Leyen, s’associe avec le groupe d’extrême droite des Conservateurs et réformistes européens (CRE).

Suite à la décision d’Emmanuel Macron de dissoudre l’Assemblée nationale, Marie-Toussaint appelle, dans « ces circonstances tragiques », à « se battre beaucoup plus fort pour la démocratie ».

[Édité par Anna Martino]