Les énergies renouvelables pour accroître la sécurité d’approvisionnement de l’Ukraine

Décideurs politiques et chefs d’entreprise se sont réunis à Berlin cette semaine pour la conférence sur la reconstruction de l’Ukraine. Le développement des énergies renouvelables est apparu comme l’une des solutions pour assurer la sécurité du pays en guerre.

Euractiv.com
11309046 (1)
Entre octobre 2022 et avril 2023, la Russie a lancé 1200 attaques contre le système énergétique ukrainien, conduisant à la mise hors service de la moitié de la production énergétique du pays et plongeant dans le noir plus de 12 millions de personnes. [<a href="https://epaimages.com/search.pp?page=4" target="_blank" rel="noopener">[EPA-EFE/SERGEY DOLZHENKO]</a>]

Décideurs politiques et chefs d’entreprise se sont réunis à Berlin, mardi et mercredi (11 et 12 juin), pour la conférence sur la reconstruction de l’Ukraine (Ukraine Recovery Conference). Le développement des énergies renouvelables est apparu comme l’une des solutions pour assurer la sécurité et l’approvisionnement autonome en électricité du pays en guerre.

Entre octobre 2022 et avril 2023, la Russie a lancé 1200 attaques contre le système énergétique ukrainien, conduisant à la mise hors service de la moitié de la production d’électricité du pays, plongeant ainsi dans le noir plus de 12 millions de personnes.

Jusqu’à présent, les dommages ont été évalués par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) à près de 6,5 milliards de dollars.

Avant l’invasion russe, l’Ukraine produisait environ 50 GW d’électricité, soit à peu près la même quantité que l’Allemagne. Aujourd’hui, Kiev ne dispose que de 9 GW, une quantité insuffisante pour permettre aux ménages, hôpitaux, écoles et industries du pays d’avoir un accès régulier à l’électricité.

La conférence sur la reconstruction de l’Ukraine a permis de dessiner les contours de la future politique énergétique du pays, mais aussi de flécher ses besoins et sa stratégie pour assurer son apprivoisement en électricité pendant la durée du conflit.

Le renouvelable comme moyen de défense

Lors de la conférence, les participants ont souligné que les énergies renouvelables représentent le moyen le plus sûr et le plus rapide pour maintenir l’alimentation en énergie pour tout le pays.

Comme l’a expliqué le ministre allemand de l’Économie et l’action climatique, Robert Habeck, durant l’évènement, « les énergies renouvelables présentent également un aspect sécuritaire ». En effet, « une centrale nucléaire est une cible facile, tandis que 10 000 panneaux solaires sont plus difficiles à détruire ».

L’idée serait de produire une énergie éolienne et solaire décentralisée, capable d’apporter de l’électricité n’importe où, à bas coût et avec des installations facilement réparables.

L’organisation ukrainienne pour le développement des énergies vertes Razom We Stand a expliqué à Euractiv que « les systèmes de production décentralisés peuvent consister en quelques douzaines de conteneurs d’expédition qui peuvent être facilement dissimulés dans un abri en béton » et que « s’il s’agit d’une centrale de cogénération, les stations solaires sont un système de production étendu couvrant un champ entier, [et] même si une roquette y atterrit, le remplacement de quelques panneaux solaires n’est pas une tâche difficile ». A contrario, « s’il s’agit d’un générateur au charbon, il est irréparable ».

En 2021, seulement 8,1 % de l’électricité produite était renouvelable alors que selon l’Organisation internationale des énergies renouvelables, l’Ukraine pourrait théoriquement produire l’équivalent de 200 GW d’énergie éolienne et 70 GW d’énergie solaire compte tenu des conditions naturelles du pays.

Des limites dans son déploiement

Pour permettre l’installation d’éoliennes et de panneaux solaires sur tout le territoire ukrainien, garantissant ainsi l’autonomie énergétique de nombreuses communes, il faudrait investir entre 4 et 15 milliards de dollars pour engager la transition énergétique du pays, selon le gestionnaire de réseau de transport d’électricité d’Ukraine, Ukrenergo.

Cependant, de l’aveu de Maksym Bevz, chef d’équipe pour les campagnes sur les énergies renouvelables et la reconstruction verte de l’Ukraine pour Razom We Stand, « le financement public des énergies renouvelables n’a jamais démarré ».

De plus, il semble que l’opacité de certaines communautés conduit à un manque de suivi et de transparence quant au déploiement de ces réseaux électriques autonomes.

« Les systèmes des régions restent entre les mains de monopoles qui prétendent être le nouveau marché de l’énergie décentralisée », note M. Bevz pour Euractiv. Et d’ajouter que « certaines communautés tentent de développer de nouveaux microréseaux grâce à des aides et des subventions, mais l’absence de cadre juridique ne permet pas d’apporter des réponses transparentes à l’exploitation de ces générateurs décentralisés ».

Un besoin important d’aides

Depuis le printemps 2023, l’Ukraine reconstruit ses installations électriques grâce à d’importants dons, prêts et investissements venant d’un large éventail de gouvernements, de donateurs multilatéraux et du secteur privé.

Pour le ministre ukrainien de l’Énergie, German Galushchenko, « tous les types d’équipements [énergétiques] que nous pouvons obtenir sont des armes pour gagner la guerre ».

Début juillet 2023, l’Ukraine a reçu 8 000 tonnes de matériels occidentaux via l’Ukraine Support Task Force (USTF). L’Union européenne a coordonné la livraison d’équipements spécialisés pour la réparation des infrastructures endommagées ainsi que 5500 générateurs. 332,3 millions d’euros ont été débloqués pour couvrir les besoins immédiats du secteur énergétique dans le cadre du Fonds de soutien à l’Ukraine dans le domaine de l’énergie.

Les États-Unis ont également apporté, via l’agence gouvernementale des États-Unis chargée du développement économique et de l’assistance humanitaire dans le monde USAID, une aide d’urgence de 475 millions de dollars, dont notamment 3 600 groupes électrogènes, 85 kilomètres de tuyaux en acier pour réparer les systèmes de chauffage et une centrale électrique mobile de 28 MW.

Outre l’objectif de planifier la reconstruction, la Ukraine Recovery Conference offre aux investisseurs l’opportunité de potentiellement s’engager dans ce prometteur marché des énergies renouvelables ukrainiennes.

Décideurs politiques et chefs d’entreprise se sont réunis à Berlin, mardi et mercredi (11 et 12 juin), pour la conférence sur la reconstruction de l’Ukraine (Ukraine Recovery Conference). Le développement des énergies renouvelables est apparu comme l’une des solutions pour assurer la sécurité et l’approvisionnement autonome en électricité du pays en guerre.

Entre octobre 2022 et avril 2023, la Russie a lancé 1200 attaques contre le système énergétique ukrainien, conduisant à la mise hors service de la moitié de la production d’électricité du pays, plongeant ainsi dans le noir plus de 12 millions de personnes.

Jusqu’à présent, les dommages ont été évalués par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) à près de 6,5 milliards de dollars.

Avant l’invasion russe, l’Ukraine produisait environ 50 GW d’électricité, soit à peu près la même quantité que l’Allemagne. Aujourd’hui, Kiev ne dispose que de 9 GW, une quantité insuffisante pour permettre aux ménages, hôpitaux, écoles et industries du pays d’avoir un accès régulier à l’électricité.

La conférence sur la reconstruction de l’Ukraine a permis de dessiner les contours de la future politique énergétique du pays, mais aussi de flécher ses besoins et sa stratégie pour assurer son apprivoisement en électricité pendant la durée du conflit.

Le renouvelable comme moyen de défense

Lors de la conférence, les participants ont souligné que les énergies renouvelables représentent le moyen le plus sûr et le plus rapide pour maintenir l’alimentation en énergie pour tout le pays.

Comme l’a expliqué le ministre allemand de l’Économie et l’action climatique, Robert Habeck, durant l’évènement, « les énergies renouvelables présentent également un aspect sécuritaire ». En effet, « une centrale nucléaire est une cible facile, tandis que 10 000 panneaux solaires sont plus difficiles à détruire ».

L’idée serait de produire une énergie éolienne et solaire décentralisée, capable d’apporter de l’électricité n’importe où, à bas coût et avec des installations facilement réparables.

L’organisation ukrainienne pour le développement des énergies vertes Razom We Stand a expliqué à Euractiv que « les systèmes de production décentralisés peuvent consister en quelques douzaines de conteneurs d’expédition qui peuvent être facilement dissimulés dans un abri en béton » et que « s’il s’agit d’une centrale de cogénération, les stations solaires sont un système de production étendu couvrant un champ entier, [et] même si une roquette y atterrit, le remplacement de quelques panneaux solaires n’est pas une tâche difficile ». A contrario, « s’il s’agit d’un générateur au charbon, il est irréparable ».

En 2021, seulement 8,1 % de l’électricité produite était renouvelable alors que selon l’Organisation internationale des énergies renouvelables, l’Ukraine pourrait théoriquement produire l’équivalent de 200 GW d’énergie éolienne et 70 GW d’énergie solaire compte tenu des conditions naturelles du pays.

Des limites dans son déploiement

Pour permettre l’installation d’éoliennes et de panneaux solaires sur tout le territoire ukrainien, garantissant ainsi l’autonomie énergétique de nombreuses communes, il faudrait investir entre 4 et 15 milliards de dollars pour engager la transition énergétique du pays, selon le gestionnaire de réseau de transport d’électricité d’Ukraine, Ukrenergo.

Cependant, de l’aveu de Maksym Bevz, chef d’équipe pour les campagnes sur les énergies renouvelables et la reconstruction verte de l’Ukraine pour Razom We Stand, « le financement public des énergies renouvelables n’a jamais démarré ».

De plus, il semble que l’opacité de certaines communautés conduit à un manque de suivi et de transparence quant au déploiement de ces réseaux électriques autonomes.

« Les systèmes des régions restent entre les mains de monopoles qui prétendent être le nouveau marché de l’énergie décentralisée », note M. Bevz pour Euractiv. Et d’ajouter que « certaines communautés tentent de développer de nouveaux microréseaux grâce à des aides et des subventions, mais l’absence de cadre juridique ne permet pas d’apporter des réponses transparentes à l’exploitation de ces générateurs décentralisés ».

Un besoin important d’aides

Depuis le printemps 2023, l’Ukraine reconstruit ses installations électriques grâce à d’importants dons, prêts et investissements venant d’un large éventail de gouvernements, de donateurs multilatéraux et du secteur privé.

Pour le ministre ukrainien de l’Énergie, German Galushchenko, « tous les types d’équipements [énergétiques] que nous pouvons obtenir sont des armes pour gagner la guerre ».

Début juillet 2023, l’Ukraine a reçu 8 000 tonnes de matériels occidentaux via l’Ukraine Support Task Force (USTF). L’Union européenne a coordonné la livraison d’équipements spécialisés pour la réparation des infrastructures endommagées ainsi que 5500 générateurs. 332,3 millions d’euros ont été débloqués pour couvrir les besoins immédiats du secteur énergétique dans le cadre du Fonds de soutien à l’Ukraine dans le domaine de l’énergie.

Les États-Unis ont également apporté, via l’agence gouvernementale des États-Unis chargée du développement économique et de l’assistance humanitaire dans le monde USAID, une aide d’urgence de 475 millions de dollars, dont notamment 3 600 groupes électrogènes, 85 kilomètres de tuyaux en acier pour réparer les systèmes de chauffage et une centrale électrique mobile de 28 MW.

Outre l’objectif de planifier la reconstruction, la Ukraine Recovery Conference offre aux investisseurs l’opportunité de potentiellement s’engager dans ce prometteur marché des énergies renouvelables ukrainiennes.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]