Les entreprises allemandes accusent la politique économique de Berlin d’être responsable de la crise

Selon une nouvelle enquête, les entreprises allemandes ne s’attendent pas à une amélioration de leur situation cette année, une grande partie d’entre elles attribuant leurs difficultés à la politique économique du pays.

EURACTIV.com
Port of Stuttgart
Pour la première fois, 60 % des entreprises interrogées ont défini le cadre de la politique économique allemande comme le plus grand risque commercial. Invitées à préciser leurs préoccupations, la plupart ont cité la « bureaucratie ». [Marijan Murat/picture alliance via Getty Images]

BERLIN — Selon une nouvelle enquête, les entreprises allemandes ne s’attendent pas à une amélioration de leur situation cette année, et une grande partie d’entre elles attribuent leurs difficultés à la politique économique du pays.

Après deux années de récession — et à quelques jours des élections fédérales — le moral des entreprises allemandes est au plus bas.

Selon une enquête menée auprès de 23 000 entreprises par la principale chambre de commerce du pays, l’Association des chambres de l’industrie et du commerce allemandes (DIHK), 55 % d’entre elles s’attendent à ce que leur situation reste inchangée cette année.

Près d’un tiers (31 %) s’attendent même à une nouvelle détérioration de leur situation, alors que seuls 14 % des entreprises sont optimistes quant à l’avenir.

Pour la première fois, 60 % des entreprises interrogées ont défini le cadre de la politique économique allemande comme le plus grand risque commercial. Invitées à préciser leurs préoccupations, la plupart ont cité la « bureaucratie ».

Après la politique économique, les entreprises se sont surtout dites préoccupées par la faiblesse de la demande intérieure, le coût élevé de la main-d’œuvre et les prix élevés de l’énergie et des matières premières.

La directrice générale de la DIHK, Helena Melnikov, a souligné l’importance historique de la récession actuelle, la qualifiant de « plus longue période de faiblesse de l’histoire de l’Allemagne d’après-guerre ».

Cela montre, selon elle, « le besoin urgent d’agir » pour le nouveau gouvernement qui prendra le pouvoir après les élections fédérales du 23 février. Une « impulsion claire pour la croissance » est nécessaire, a-t-elle ajouté.

Alors que le malaise économique du pays est l’une des principales préoccupations des électeurs, les discussions sur la politique migratoire ont depuis peu éclipsé le sujet.

Dans les programmes des partis, la CDU/CSU, favorie dans la course à la chancellerie, promet de réduire les impôts sur les sociétés et sur le revenu pour relancer l’économie, mais aussi de réduire la bureaucratie, tandis que les partis au pouvoir, le SPD et les Verts, soulignent la nécessité d’investissements publics plus importants.

Compte tenu des nombreuses interrogations sur les options de financement, ainsi que des problèmes structurels sous-jacents, les experts se demandent si un nouveau gouvernement pourra rétablir rapidement la croissance économique.

(AM)