Les entreprises françaises attendent le pacte sur l'emploi

Dans ses vœux aux Français, François Hollande a proposé un pacte de responsabilité aux entreprises françaises pour relancer l’emploi. Une offre plutôt bien accueillie par le secteur privé. 

EURACTIV.fr
This article is part of our special report "Emploi et croissance"
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Dans ses vœux aux Français, François Hollande a proposé un pacte de responsabilité aux entreprises françaises pour relancer l’emploi. Une offre plutôt bien accueillie par le secteur privé. 

Moins de charges, moins de contraintes contre davantage d’emploi. L’offre faite aux entreprises le 31 décembre par le Président lors de ses traditionnels vœux aux Français doit permettre de tenir une promesse de longue date : inverser la courbe du chômage.

« En 2013, le chômage est resté à un niveau encore élevé, même si la tendance de ces derniers mois s’améliore » a affirmé le Président lors des vœux. « C’est pourquoi je propose un pacte de responsabilité aux entreprises. Il est fondé sur un principe simple : moins de charges sur le travail, moins de contraintes sur leurs activités et, en contrepartie, plus d’embauches et plus de dialogue social » a-t-il poursuivi.

Le Président français était attendu au tournant sur la thématique du chômage, dont il avait déjà fait son cheval de bataille l’année précédente en annonçant son intention d’inverser la courbe du chômage avant la fin de l’année. 

Un objectif qui reste en haut de l’agenda présidentiel pour 2014. « Je n'ai qu'un objectif, un engagement : l'emploi » a confirmé le chef d’État lors de son allocution aux Français.

Les entreprises en attente

Pour l’heure, l’idée du pacte a été accueillie avec réserve par la Confédération Générale des Petites et Moyennes Entreprises (CGPME). Dans un communiqué publié le 2 janvier, l’organisation patronale réclame « un geste tangible consistant à ce que soit fixé un plafonnement des charges sociales ».

De son côté, le Medef s’est montré plus réceptif aux propositions du Président.

« Le Medef est prêt à participer et à s'impliquer activement pour bâtir concrètement le pacte annoncé par le président de la République. Il faut cependant avancer rapidement, car il y a urgence » a affirmé Pierre Gattaz, président du Medef, dans un communiqué.

Et pour cause, la principale organisation patronale s’était déjà faite le porte-parole d’une telle idée en novembre dernier, en suggérant même le nom de « pacte de confiance pour la croissance et l'emploi »

 L'Union professionnelle artisanale (UPA) a également annoncé son intention de se joindre au pacte proposé par le Président  mais souhaite une mise en place très rapide notamment au travers d’une « mesure phare de réduction du coût du travail dès 2014 ».

Autre requête, la mise en place rapide d'un taux réduit d'impôt sur les bénéfices incorporés dans le capital des PME.

Bataille de l’emploi

Mais la bataille est loin d’être gagnée. Les dernières données publiées fin décembre par Pôle emploi pour le mois de novembre font état d’une hausse de 17.500 de personnes n’exerçant aucune activité. Une hausse qui est venue contrebalancer le léger mieux enregistré au mois d’octobre, où le nombre de demandeurs d’emploi sans activité avait reculé de  19.900 personnes.

Pour 2014, les perspectives ne s’annoncent pas sous les meilleurs auspices. Selon l'organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), le taux de chômage en France pourrait atteindre le record de 11,2 % fin 2014, contre 10,7 % à la fin du premier semestre 2013.

Les contours du pacte imaginé par François Hollande restent encore flous, mais c’est en s’appuyant sur les entreprises que le chef de l’État espère relancer l’emploi.

En 2013, la tâche avait échu en partie au crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi, un mécanisme d’exonération de certaines cotisations sociales à hauteur de 20 milliards d’euros sur deux ans visant à aider les entreprises à investir et embaucher.

Mais selon l’Insee, le mécanisme reste plutôt modeste. L’institut estime à long terme que 300.000 emplois seront créés grâce au mécanisme.