Les entreprises soulagées par le maintien d’une majorité centriste au Parlement européen
Les associations d’entreprises de toute l’Europe ont été soulagées de constater que les partis centristes et pro-UE conserveraient leur majorité au Parlement européen après les élections européennes, mais elles ont appelé les législateurs à parvenir rapidement à un accord pour former cette majorité.
Les associations d’entreprises de toute l’Europe ont été soulagées de constater que les partis centristes et pro-UE conserveraient leur majorité au Parlement européen après les élections européennes, mais elles ont appelé les législateurs à parvenir rapidement à un accord pour former cette majorité.
Bien que la montée des partis d’extrême droite dans certains États membres ait ébranlé plusieurs gouvernements européens, à Bruxelles, les équilibres politiques après les élections montrent qu’une coalition stable et favorable à l’UE est désormais un scénario réaliste pour le futur Parlement.
La coalition préélectorale informelle de l’actuelle présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, qui brigue un second mandat à la tête de l’exécutif, dispose de la majorité au sein de l’hémicycle. Celle-ci est composée du Parti populaire européen (PPE) de centre droit, des Socialistes et Démocrates européens (S&D) de centre gauche et du groupe libéral Renew et disposerait d’un total de 403 sièges sur 720 au Parlement européen pour la législature à venir, selon les projections d’Europe Elects.
« Il est bon que les partis pro-européens soient encore clairement majoritaires au Parlement européen », a déclaré Tanja Gönner, directrice générale de la Fédération des industries allemandes, exhortant les eurodéputés à « prendre leurs responsabilités et à se mettre rapidement d’accord sur une équipe dirigeante forte avec un plan de croissance pour l’Europe ».
La Fédération bancaire de l’Union européenne s’est également félicitée de la victoire de la majorité centriste, mais a également déclaré que, bien que « l’extrême droite n’ait pas pris le dessus comme certains l’avaient prévu […], son influence s’accroît de manière évidente ».
« L’augmentation du nombre d’eurodéputés populistes de droite est un signe inquiétant », a ajouté Mme Gönner, avertissant que « la proportion de ceux qui […] veulent façonner et renforcer l’Europe est en train de diminuer ».
Avant les élections européennes, les entreprises allemandes, en particulier, ont mis en garde les citoyens contre les partis d’extrême droite, tels que l’Alternative pour l’Allemagne (AfD), qui est arrivée en deuxième position dimanche, avec 15,9 % des voix, et a rejoint la première place aux côtés de la CDU/CSU auprès des jeunes électeurs âgés de 16 à 24 ans.
La semaine dernière, les entreprises allemandes ont également insisté sur le fait que la sortie du pays de l’UE — appelée « Dexit » — envisagée par l’AfD serait désastreuse pour l’économie allemande, qui dépend de manière significative des exportations et du commerce international.
Inquiétude à l’égard des dissidents
Les dissidents potentiels au sein des groupes préoccupent particulièrement Nils Redeker, directeur adjoint du Centre Jacques Delors basé à Berlin.
Se référant aux eurodéputés des trois groupes qui n’ont pas soutenu l’élection d’Ursula von der Leyen en 2019, M. Redeker a déclaré lors d’un évènement d’analyse des résultats électoraux lundi matin qu’il y avait alors eu une part de 13 % de « dissidents » lors du vote des eurodéputés sur la candidate du PPE.
« En ce moment, le camp von der Leyen prévoit une dissidence d’environ 15 % », a-t-il indiqué, ajoutant que la majorité centriste ne serait pas assurée.
Thilo Brodtmann, directeur général de l’association allemande des fabricants de machines VDMA a estimé que « les partis européens devraient parvenir rapidement à un accord, former une coalition centriste et décider de leur candidat au poste de président de la Commission, afin que la prochaine Commission européenne puisse se réunir et se mettre au travail ».
Tout comme les associations d’entreprises, les syndicats se sont félicités du fait que les partis pro-UE qui ne sont ni d’extrême droite ni d’extrême gauche représenteront une majorité au sein du prochain Parlement.
« Cela signifie qu’il n’y a aucun besoin, ni aucune excuse, pour conclure des accords en coulisses avec une partie de l’extrême droite hostile aux travailleurs », a insisté la secrétaire générale de la Confédération européenne des syndicats, Esther Lynch, dont l’organisation représente 45 millions de travailleurs à travers l’Union européenne.
Contrairement aux associations d’entreprises, Mme Lynch a toutefois appelé les responsables politiques de l’UE à s’attaquer aux causes sociales et économiques de la hausse du soutien aux partis d’extrême droite.
« Ces résultats préliminaires […] montrent clairement que l’on ne peut pas continuer à agir comme on l’a toujours fait », a-t-elle déclaré dimanche, ajoutant que les dirigeants devaient «résoudre de toute urgence l’insécurité économique et sociale qui est à l’origine de la colère et de la peur croissantes dans notre société ».
En France, le Mouvement des entreprises de France (MEDEF) s’est montré plus pessimiste après que le président Emmanuel Macron a dissous l’Assemblée nationale et convoqué des élections anticipées en réaction à la victoire du Rassemblement national aux Européennes.
Mettant en garde contre les effets désastreux que la rhétorique de l’extrême droite aurait sur les affaires du pays, le président du MEDEF, Patrick Martin, a écrit sur X : « Une nouvelle campagne démarre dans laquelle nous ne partagerons pas certaines visions politiques incompatibles avec la compétitivité des entreprises, la prospérité du pays et de nos concitoyens ».
[Édité par Anne-Sophie Gayet]