Les eurodéputés LR divisés sur une alliance avec le RN

Tandis que le patron des Républicains (LR), Éric Ciotti a ouvert la porte à un rapprochement avec le Rassemblement national (RN), la tête de liste du parti pour les Européennes, François-Xavier Bellamy, entend rester sur la ligne de son groupe (PPE) au Parlement européen.

/ Euractiv France
François-Xavier Bellamy et Éric Ciotti [Obatala-photography / Shutterstock]

Tandis que le patron des Républicains (LR), Éric Ciotti a ouvert la porte à un rapprochement avec le Rassemblement national (RN), la tête de liste du parti pour les Européennes, François-Xavier Bellamy, entend rester sur la ligne de son groupe (PPE) au Parlement européen. 

« Abandonner aujourd’hui nos couleurs serait un choix inutile pour le pays », a déclaré dans un communiqué François-Xavier Bellamy, tête de liste LR pour les Européennes, concernant l’accord qu’il juge « contre-productif » proposé par le chef de son parti avec le RN.  

« Il accomplirait en effet ce dont rêve Emmanuel Macron depuis toujours, qui veut faire croire que rien n’existe entre lui et le RN », juge l’eurodéputé.  

Si François-Xavier Bellamy ne veut pas de cet accord, tout comme une bonne partie des ténors du parti, Éric Ciotti peut cependant compter sur le soutien de la moitié des six eurodéputés LR envoyés dimanche au Parlement européen. 

Par exemple celui de l’agricultrice Céline Imart, du général à la retraite Christophe Gomard et du Professeur des universités Laurent Castillo, trois nouveaux élus ayant comme point commun d’avoir été recrutés par… Éric Ciotti.  

Il en est de même pour Guilhem Carayon, président des Jeunes Républicains et vice-président du parti, 10e de la liste, qui doit son ascension à l’actuel patron de la droite. 

D’autres figures du parti ont choisi, en revanche, la ligne de François-Xavier Bellamy. Isabelle Le Callennec, élue dimanche, explique ne pas pouvoir « cautionner l’idée d’une alliance avec le RN ». De même pour des eurodéputés sortants et non réélus, comme Nathalie Colin-Oesterlé, Geoffroy Didier et Anne Sander. Selon cette dernière, Éric Ciotti « doit partir et vite ». 

Elue dimanche, l’eurodéputée sortante Nadine Morano ne s’est pas encore positionnée.  

Stratégie au Parlement européen

François-Xavier Bellamy rappelle également que son rôle est d’être « au travail au Parlement européen », ou, comme à Paris, des tractations se déroulent cette fois-ci entre le PPE et le groupe des Conservateurs et réformistes européens (ECR), au sein duquel siège le parti d’extrême-droite Reconquête!.  

L’une des conditions de cette alliance, pour les cadres du PPE, est d’écarter de l’équation le groupe Identité et démocratie (ID), où siège le RN. 

Par conséquent, une alliance entre LR et RN en France placerait les Républicains en porte à faux avec leur groupe européen. 

« Si LR s’engagent réellement sur la voie de la droitisation, il n’y aura plus de place au sein du PPE pour ce parti, qui se marginalise par cette ingratitude », a ainsi menacé le député et porte-parole des affaires étrangères de la CDU/CSU (PPE) au Bundestag, Jürgen Hardt.  

L’élu allemand pari sur le fait « qu’il soit possible que la déclaration du leader des LR [Eric Ciotti] ne soit pas acceptée par les membres et qu’elle signifie la fin de sa carrière politique. Les gens que je connais au sein des LR pensent différemment de M. Ciotti », déclare-t-il à Euractiv.

Il s’agit, manifestement, du cas de François-Xavier Bellamy et de la moitié de la délégation française.