Les Européens n'ont pas confiance dans leurs dirigeants pour agir contre le changement climatique, révèle un sondage
Les Européens considèrent que la guerre en Ukraine est une opportunité d'accélérer la transition énergétique et écologique, mais n'ont pas confiance dans leurs dirigeants pour agir rapidement, révèle un sondage publié jeudi (27 octobre).
Les Européens considèrent que la guerre en Ukraine est une opportunité d’accélérer la transition énergétique et écologique, mais n’ont pas confiance dans leurs dirigeants pour agir rapidement, révèle un sondage publié jeudi (27 octobre).
En Europe, la crise financière arrive en tête des préoccupations des citoyens, devant le changement climatique et l’augmentation du coût de la vie.
Ce constat résulte de la dernière enquête EIB Climate Survey (édition V) de la Banque européenne d’investissement (BEI), en partenariat avec la Fondation Jean-Jaurès et BVA Opinion, conduite du 8 au 31 août 2022 auprès de 25 000 personnes représentatives de la population de plus de 15 ans en Europe, au Royaume-Uni, aux États-Unis et en Chine.
La crise financière, première préoccupation des Européens
Les populations d’Europe de l’Est — Bulgarie, Hongrie, Pologne, Roumanie — et de Tchéquie sont les plus craintives d’une crise financière imminente, tandis que les populations d’Europe centrale et du Sud craignent avant tout les effets du changement climatique.
Au sein de l’Union européenne, les plus grandes économies prendraient donc plus aisément garde au défi climatique que les petites.
En revanche, selon 52 % des Européens, les questions environnementales, prises dans leur ensemble (changement climatique, dégradation de l’environnement), sont le plus grand défi auquel les citoyens sont confrontés.
La guerre en Ukraine est une opportunité
Il faudrait donc accélérer la transition énergétique et écologique.
Le sondage relève en ce sens que 66% des Européens considèrent que « la guerre en Ukraine et ses répercussions sur les cours du pétrole et du gaz devraient encourager une accélération de la transition ».
C’est particulièrement le cas du côté des populations d’Europe de l’Ouest et du Sud, mais moins du côté des économies les plus dépendantes du gaz russe avant le déclenchement de la guerre.
Estoniens et Finlandais par exemple, qui étaient les seuls à être dépendants à 100% du gaz russe en 2021 selon Eurostat, sont moins d’un sur deux à considérer la guerre comme opportunité de changement.
Parmi les autres pays fortement dépendants au gaz russe avant la guerre, seule la Hongrie considère la situation comme une opportunité, alors même que le gouvernement hongrois fait preuve de complaisance envers le régime russe.
Peu de confiance dans leurs dirigeants pour gérer la crise climatique
Et malgré la brèche ouverte par la crise, plus de neufs Européens sur dix considèrent que les autorités sont « trop lentes » pour agir. La proportion est inversée en Chine, où 91% de la population sondée dit faire confiance au gouvernement.
Un résultat à prendre avec précaution, précise à EURACTIV Adelaïde Zulfikarpasic, directrice de BVA Opinion : « il y a un risque que tous les sondés chinois ne se sentaient pas libres de répondre honnêtement sur une question aussi politique ».
En conséquence de cette confiance terne envers leurs dirigeants, 64% des Européens estiment que leurs émissions de carbone ne baisseront pas d’ici à 2030.
Les Danois sont les plus confiants (52%), mais aussi les moins sceptiques quant à la capacité d’action des citoyens et des entreprises, même si presque huit sur dix affichent leur désarroi. En Europe toutefois, la proportion moyenne est plutôt de l’ordre de 88%, tout comme en Chine et aux États-Unis.
Il faudrait pourtant réduire « radicalement notre consommation d’énergie et des biens » pour éviter une « catastrophe mondiale », préviennent 84% des sondés en Europe.
Des mesures plus strictes du gouvernement ?
Les Européens sont également 80% à déclarer que les effets du changement climatique sont déjà palpables dans leur vie quotidienne.
L’étude révèle en ce sens que « les personnes vivant dans les pays où les effets du changement climatique se font le plus sentir, sont également celles qui attendent le plus une action gouvernementale plus stricte ».
Et pourtant, seulement 27% des Allemands et 20% des Autrichiens ont répondu qu’ils seraient prêts à plafonner leur chauffage à 19 degrés, contre, pour les pays les plus flexibles, 47% des Français et des Néerlandais.
Les Allemands, première économie de l’Union, sont également plus réticents que la moyenne des Européens (65%) à taxer plus fortement les activités polluantes, tandis que la réduction des taxes sur les énergies est une priorité pour une grande partie des Européens.
En outre, les Allemands, tout comme les Français, sont moins enclins à considérer le développement des énergies renouvelables comme une priorité. Une fois n’est pas coutume, les Hongrois font partie des trois populations les plus pressantes sur ce sujet, malgré la volonté du gouvernement de rester dépendant des approvisionnements en gaz russe.
[Théo Bourgery-Gonse a contribué à la rédaction de cet article.]