Les Hongrois dans la rue pour dénoncer la politique pro-russe de Viktor Orbán
Plus de 10.000 Hongrois ont défilé dans les rues de Budapest le lundi 17 novembre. Les manifestants réclamaient la démission de Viktor Orbán, accusé d'engager des fonctionnaires corrompus et de faire les yeux doux au Kremlin.
Plus de 10.000 Hongrois ont défilé dans les rues de Budapest le lundi 17 novembre. Les manifestants réclamaient la démission de Viktor Orbán, accusé d’engager des fonctionnaires corrompus et de faire les yeux doux au Kremlin.
Les manifestants, qui se sont rassemblés devant le parlement pour un événement baptisé « journée de l’indignation publique » par ses organisateurs, étaient bien moins nombreux que lors des mobilisations contre la taxe sur Internet du mois dernier, qui avait forcé Viktor Orbán à remiser son projet.
Les opposants au premier ministre se réunissent à présent pour protester contre des actes de corruption supposés depuis que Washington a interdit l’accès à son territoire à six fonctionnaires hongrois, dont la directrice du fisc, soupçonnée d’avoir accepté des pots-de-vin.
Au début du mois, Ildikó Vida, à la tête des autorités fiscales du pays, a en effet déclaré faire partie des quelques personnes interdites de séjour aux États-Unis suite à des accusations de corruption. Elle continue de nier les accusations qui pèsent contre elle.
L’UE et les États-Unis s’inquiètent des politiques de Viktor Orbán, qui, selon les spécialistes, pénalisent les grandes entreprises, réduisent les libertés démocratiques et ont rapproché Budapest de la sphère d’influence de Moscou.
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« Orbán, dégage », scandaient les manifestants, armés de bannières affichant leur volonté de ne pas payer de taxes aux criminels. Les manifestants se sont également ralliés autour d’un drapeau européen enlevé du bâtiment néogothique abritant le parlement en chantant « Europe, Europe ».
« Le peuple contre la corruption, on sait d’où viennent les deux tiers », pouvait-on lire sur une des bannières arborées par les manifestants. Ce slogan fait référence aux victoires électorales de Fidesz, qui a remporté par deux fois une majorité de deux tiers au parlement, en 2010 et en 2014.
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Si certains politiques de l’opposition étaient présents lors de la manifestation de lundi, les organisateurs avaient demandé qu’aucun parti ne soit officiellement représenté.
Les organisateurs, un ensemble flou d’étudiants, d’activistes et d’artistes, ont déclaré tirer simplement parti de l’indignation générale.
Gyorgy Brull, l’un des manifestants a aussi expliqué que, comme des millions de Hongrois, il ne se sentait représenté par aucun parti de la scène politique du pays. « J’ai une image précise de la Hongrie dans laquelle j’aimerais vivre, explique ce vigneron de 57 ans. Mais je ne vois toujours aucun parti qui représenterait cette vision de façon cohérente. »
Si partie de l’opinion publique s’est détournée du parti de centre-droit de Viktor Orbán après le débat sur la taxe sur Internet et les accusations de corruption, Fidesz reste largement en tête des sondages face à une opposition divisée, où figurent notamment plusieurs partis de gauche et le parti d’extrême droite Jobbik.