Les industries allemandes gourmandes en énergie en déclin depuis la guerre en Ukraine

La production dans les secteurs les plus énergivores d'Allemagne a reculé de 15,2 %

AFP
[Getty Images]

Les données publiées vendredi montrent que les industries allemandes grandes consommatrices d’énergie ont subi une forte baisse de leur production depuis le début de la guerre en Ukraine, sans grand espoir de reprise imminente.

Après le lancement de l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022, Moscou a réduit ses livraisons de gaz à l’Europe dans un contexte de tensions croissantes avec l’Occident, ce qui a fait grimper les coûts de l’électricité pour l’industrie allemande.

La production dans les secteurs allemands les plus énergivores a chuté de 15,2 % entre février 2022, mois où le conflit a débuté, et mars de cette année, selon l’agence de statistiques Destatis.

Le recul dans ces secteurs, qui vont de la chimie et de la métallurgie à la production de verre et de papier, a été plus marqué que pour l’ensemble de l’industrie au cours de cette période, a-t-elle indiqué.

En mars de cette année, les industries à forte intensité énergétique du pays comptaient plus de 53 000 employés de moins, soit une baisse de 6,3 %.

C’est la dernière mauvaise nouvelle en date pour la première économie européenne, qui stagne depuis des années en raison d’un ralentissement de l’activité manufacturière, d’une faible demande à l’exportation et de la vague de droits de douane américains.

On espérait une reprise économique cette année, soutenue par d’importantes dépenses publiques dans les domaines de la défense et des infrastructures, mais le choc énergétique provoqué par la guerre en Iran pèse lourdement.

Après un début d’année encourageant, les indicateurs récents « laissent entrevoir un recul significatif au deuxième trimestre », a averti vendredi le ministère de l’Économie.

« La hausse des prix, les problèmes de chaîne d’approvisionnement et l’incertitude pèsent sur le moral des entreprises et des ménages », a-t-il indiqué dans un rapport mensuel.

« Les perspectives économiques à plus long terme dépendent de la durée du conflit au Moyen-Orient et de son impact sur les routes commerciales et les capacités de production », a-t-il ajouté.

(cm)