Les institutions européennes ont fait preuve d'une "résilience considérable" pendant la pandémie, selon la Cour des comptes

La Cour des comptes européenne a constaté que les institutions de l'UE ont fait preuve de résilience face à la pandémie de Covid-19, mais qu'il faut en faire davantage dans la phase post-Covid.

EURACTIV.com
Bruxelles, Belgique – Le 04 Mai, 2022
Bruxelles, Belgique - Le 04 Mai, 2022 [<a href="https://www.shutterstock.com/image-photo/brussels-belgium-fourth-may-2020-coronavirus-1736062088" target="_blank" rel="noopener">[SHUTTERSTOCK/Xavier Lejeune Photo]</a>]

La Cour des comptes européenne (CCE) a constaté que les institutions de l’UE ont fait preuve d’une résilience considérable face à la pandémie de Covid-19, mais qu’il faut en faire davantage dans la phase post-Covid. 

Le Parlement européen, le Conseil, la Commission européenne et la Cour de justice de l’UE « ont réagi rapidement et avec souplesse et ont bénéficié des investissements antérieurs effectués dans la numérisation », conclut le rapport spécial de la CCE, publié jeudi (1er septembre).

« Les institutions de l’UE n’ont pas été épargnées par la crise de la Covid-19. La crise a eu des effets considérables et de large portée sur le mode de fonctionnement des institutions et sur le mode de travail de leur personnel », a déclaré Marek Opioła, le membre de la CCE responsable de l’audit.

M. Opioła a expliqué que les organisations résilientes sont celles qui apprennent d’une crise et en sortent plus fortes.

« Nous pensons que les organes de l’UE ont prouvé leur résilience au cours des deux dernières années de crise », a-t-il déclaré.

L’audit a évalué la résilience de quatre institutions de l’UE en fonction de leur niveau de préparation, de la manière dont elles ont affronté la pandémie de Covid-19 et des leçons qu’elles en ont tirées.

En particulier, les auditeurs ont examiné si les plans de continuité des activités des institutions étaient adaptés aux perturbations causées par une pandémie, leur permettant ainsi de minimiser les perturbations et de remplir les rôles qui leur sont assignés par les traités.

S’adapter efficacement aux perturbations à long terme

Les auditeurs ont constaté que les plans de continuité des activités déclenchés par les institutions de l’UE dans la seconde moitié de février 2020 constituaient une « base solide » pour leur réponse à la crise. Il a été ajouté que les plans n’étaient pas conçus pour faire face au type de perturbation que la Covid-19 a provoqué sur le long terme ; ils ont donc dû être adaptés et complétés par des décisions ad hoc.

Les institutions « y sont parvenues, ont constaté les auditeurs, bien que la coordination ait été limitée par l’autonomie des institutions et par leurs rôles variés, et parce que les règles en vigueur dans les États membres d’accueil étaient différentes », indique le communiqué de presse.

Malgré la pluralité des approches, les institutions ont maintenu leur activité à un niveau similaire aux années précédentes. En outre, des initiatives politiques essentielles telles que le plan de relance « NextGenerationEU » de 750 milliards d’euros et le budget septennal de l’UE pour 2021-2027 ont été adoptées.

« Tout cela a été réalisé en protégeant la santé et le bien-être des membres de leur personnel », indique le communiqué de presse.

Des solutions de télétravail ont été assurées à l’ensemble du personnel dans un délai de six semaines, et les outils de communication et de collaboration, ainsi que les flux de travail dématérialisés, ont été accélérés pendant la pandémie. Néanmoins, la numérisation des processus administratifs reste un travail en cours, notamment pour les factures électroniques.

Défis à venir pour optimiser l’innovation 

Les institutions de l’UE « ont encore des défis à relever pour optimiser l’innovation et la flexibilité engendrées par la crise dans le monde post-Covid », a souligné le communiqué de presse de la CCE.

Après la levée des restrictions du printemps 2020, les institutions de l’UE ont lancé des exercices d’enseignements sur leurs réponses à la crise de la Covid-19 et ont commencé à identifier les innovations qui peuvent être conservées dans le monde de l’après-crise.

L’un des exemples est l’extension du télétravail, qui « permettrait de réaliser des économies importantes, notamment sur les frais de déplacement et potentiellement sur les coûts de construction de bureaux », selon le rapport.

Si les modifications apportées aux modalités de déplacement et aux bâtiments, ainsi que l’extension du télétravail, offrent des possibilités en termes d’impact environnemental, celles-ci n’ont pas encore été clairement identifiées, ont souligné les auditeurs.