Les ministres de l’Énergie s’engagent à renforcer l’intégration des réseaux électriques européens
Lors d'une réunion jeudi (30 mai), la dernière sous la présidence belge du Conseil de l'UE, les ministres européens de l’Énergie se sont engagés à renforcer l’intégration du réseau électrique du bloc et à promouvoir une planification à plus long terme et plus transfrontalière.
Lors d’une réunion du Conseil « Énergie » jeudi (30 mai), la dernière sous la présidence belge du Conseil de l’UE, les ministres européens de l’Énergie se sont engagés à renforcer l’intégration du réseau électrique du bloc et à promouvoir une planification à plus long terme et plus transfrontalière.
Les réseaux sont une priorité politique à Bruxelles, car la consommation d’électricité devrait augmenter de 350 % avec les plans de décarbonation de l’UE. Ainsi, la Commission européenne estime qu’il faudra investir 600 milliards d’euros dans les réseaux d’ici à 2030.
Les ministres de l’Énergie de l’UE ont adopté jeudi une déclaration dans laquelle ils soulignent « la nécessité de mettre en place un super-réseau européen », a expliqué la ministre belge Tinne Van der Straeten.
Selon le groupe de réflexion Bruegel, une intégration plus poussée des réseaux électriques européens pourrait permettre de réduire la consommation de carburants de 21 % d’ici à 2030 et de diminuer considérablement la volatilité des prix de l’électricité.
« Les réseaux nous ont sauvés », a-t-elle rappelé, faisant référence à la crise énergétique de 2022, durant laquelle les interconnexions ont aidé à résoudre les problèmes d’approvisionnement et ont permis à l’électricité de circuler entre les pays.
« Les réseaux seront essentiels si nous, en tant qu’Union, voulons devenir plus résilients », a-r-elle insisté.
Or, pour atteindre cet objectif, il faut miser sur une meilleure planification, estiment les ministres.
Pour faciliter les progrès vers le « super-réseau » européen, les ministres de l’UE ont affirmé leur engagement en faveur d’une « planification coordonnée à long terme des infrastructures de réseau électrique au niveau européen », notamment en ce qui concerne la congestion du réseau, c’est-à-dire lorsque les capacités physiques de transit ce celui)ci sont atteintes.
Alors que les régulateurs des réseaux électriques et gaziers de l’UE élaborent déjà des plans sur dix ans, les Vingt-Sept envisagent une planification pour les 20 prochaines années.
La prochaine Commission européenne, qui sera formée après les élections européennes de juin, est invitée à « renforcer l’approche régionale de la planification des infrastructures électriques et à la combiner avec une approche à l’échelle de l’UE ».
Afin de mieux répondre à la demande future et d’éviter les pénuries d’approvisionnement, les ministres ont également souligné le besoin d’investissements anticipés, une manière plus risquée mais plus rapide de construire des infrastructures qui ne sont pas nécessaires dans l’immédiat.
Combien manque-t-il ?
Si l’exécutif de l’UE a chiffré les besoins d’investissement dans les réseaux, aucune institution n’a encore évalué l’ampleur de l’écart entre les investissements actuellement prévus et les besoins.
Les État membres s’accordent à dire que la Commission devrait fournir un chiffre concernant « les besoins réels d’investissement dans les réseaux électriques par rapport aux fonds qui leur sont alloués ».
Les industriels envisagent un volume d’investissement de 800 milliards d’euros d’ici à 2030, tandis que le groupe de réflexion sur l’énergie Ember a constaté que les plans de réseau de plus de dix États membres ne tiennent pas compte de l’arrivée récente des énergies renouvelables, ce qui pourrait fausser les chiffres.
Dans tous les cas, les pays invitent la Banque européenne d’investissement (BEI) à « renforcer les initiatives de financement et de réduction des risques » pour les investissements dans le réseau à l’avenir.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]