Les ministres européens de la pêche soutiennent une réforme du secteur
Les ministres européens de la Pêche ont demandé à la Commission de relancer les préparatifs en vue d’une vaste réforme de la politique commune de la pêche. Dans le même temps, les groupes écologistes réitèrent leurs appels à réduire la taille de la flotte de l’Union.
Les ministres européens de la Pêche ont demandé à la Commission de relancer les préparatifs en vue d’une vaste réforme de la politique commune de la pêche. Dans le même temps, les groupes écologistes réitèrent leurs appels à réduire la taille de la flotte de l’Union.
Début septembre, le commissaire à la Pêche, Joe Borg, a annoncé un plan visant à réviser totalement la politique commune de la pêche (PCP) de l’UE. «Dans sa forme actuelle, la PCP n’encourage pas un comportement responsable ni chez les pêcheurs ni chez les décideurs politiques», avait-il indiqué. La réforme, qui sera axée sur la conservation des ressources et la politique en matière de flotte, devrait être achevée d’ici 2012.
A l’occasion du Conseil Agriculture et Pêche (29-30 septembre), les ministres ont soutenu les propositions du commissaire et lancé un débat impliquant l’industrie et les parties prenantes. Il se poursuivra jusqu’en 2009.
Saluant l’appui des gouvernements, M. Borg a insisté sur le concept de durabilité écologique. Selon lui, un secteur de la pêche sain d’un point de vue économique, social et environnemental dépend de ressources halieutiques saines et de flottes de pêche en phase avec les possibilités de pêche.
Résistances françaises
Mais certains gouvernements européens ne veulent pas que les réformes aillent aussi loin que le suggère la Commission. La France a notamment affirmé que les discussions devraient s’écarter de la question de la surcapacité et se concentrer sur les quotas existants plutôt que sur leur annulation.
Le ministre français de l’Agriculture, Michel Barnier, a déclaré qu’il était impossible de réformer une politique sans le soutien de l’industrie. Il faut donc mener les réformes avec les pêcheurs, en prenant le temps de les écouter, ainsi qu’avec les spécialistes de l’environnement et les scientifiques, a-t-il ajouté.
Protéger les mers de la surpêche
Cependant, l’ONG environnementale Pew Environment affirme que des réductions substantielles dans la capacité de pêche de la flotte européenne sont nécessaires et urgentes. La surcapacité des navires de pêche et la réticence des États membres à adapter la tailles des flottes aux possibilités de pêche disponibles sont les moteurs principaux de la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN). Une situation qui entraîne inévitablement des opérations de pêche non rentables et incite davantage à enfreindre les règles, comme l’a déclaré Uta Bellion, directrice du programme maritime de l’UE à Pew.
Néanmoins, l’ONG a applaudi l’adoption par les ministres d’une réglementation visant à lutter contre la pêche INN dans les eaux européennes. Mais 40 % de la pêche dans les eaux de l’Union est illicite non déclarée et non réglementée. C’est pourquoi l’ONG souhaite que la Commission présente des propositions sur une réglementation européenne pour le contrôle et l’application de cette règlementation.
La Commission relancée
Répondant à un appel de Joe Borg, les ministres ont également demandé à la Commission de développer un plan d’action pour gérer l’écosystème. Ils ont aussi discuté de la proposition de la Commission sur le plan de reconstitution du cabillaud, qu’ils comptent adopter lors de la réunion du Conseil de novembre.
L’exécutif européen publiera un livre vert début 2009 pour alimenter le débat public, et un résumé de la consultation sera présenté début 2010. La Commission proposera ensuite ses réformes d’ici fin 2010 afin qu’elles entrent en vigueur en 2012.