Les Parisiens soutiennent le triplement des tarifs de stationnement pour les SUV

54,55 % des Parisiens qui se sont déplacés aux urnes dimanche (4 février) ont voté en faveur du principe d’un triplement des tarifs de stationnement pour les « voitures individuelles lourdes, encombrantes, polluantes ».

Euractiv France
Paris organizes public vote on higher parking fees for SUVs
Une personne vote lors d'un référendum sur l'augmentation des frais de stationnement pour les SUV, dans un bureau de vote à Paris, France, 04 février 2024. [EPA-EFE/MOHAMMED BADRA]

54,55 % des Parisiens qui se sont déplacés aux urnes dimanche (4 février) ont voté en faveur du principe d’un triplement des tarifs de stationnement pour les « voitures individuelles lourdes, encombrantes, polluantes ». 

L’augmentation de la tarification du stationnement a été soutenue par la majorité de gauche et des écologistes au conseil de Paris, coalisée derrière la maire socialiste, Anne Hidalgo.

Selon ce principe, pour six heures de stationnement dans les arrondissements les plus centraux de la ville, un automobiliste pourrait devoir débourser 225 euros, contre 75 euros auparavant.

En moyenne, un SUV pèse 200 kg de plus qu’un véhicule standard, mesure 25 cm plus longs et 10 cm plus larges. Pour toutes ces raisons, ils sont plus dangereux pour les piétons, remettent en question le partage de l’espace public et plus davantage, selon le WWF.

Selon l’Agence internationale de l’énergie (IEA), ils émettent, en effet, en moyenne, 20 % d’émissions de CO2 que la moyenne des berlines. Ils représentent également plus de 50 % des ventes de véhicules individuels en Europe.

Vote raillé

En outre, l’intitulé et la communication autour de ce vote est trompeurs, car le critère n’est pas tant basé sur le fait que le véhicule soit un SUV ou non, mais sur son poids. Tout véhicule de plus de 1600 kilos est en réalité concerné. « Les très grosses berlines seront aussi concernées », confirme ainsi la mairie de Paris au média Le Monde.

La mesure concernera également les véhicules électriques quand ils font plus de deux tonnes, tout de même « polluants avec leur système de freinage et les pneus qui émettent beaucoup de particules fines », a déclaré la maire de Paris.

Mme Hidalgo prévient toutefois que les véhicules des résidents parisiens, des professionnels et des handicapés ne seront pas concernés.

« Ce n’est ni plus ni moins qu’une énième hausse de taxes sur les banlieusards », a déclaré Pierre Liscia, conseiller au sein de la majorité de droite de la région Île-de-France ».

Pour l’élue d’opposition (Les républicains, LR) au conseil de Paris et ancienne eurodéputée Agnès Evren, ce vote est une « honte », un « fiasco idéologico-écologique » qui fait « insulte à la démocratie participative ».

Nombre d’opposants à cette votation, sur le fond ou sur la forme, raillent un taux de participation faible, de l’ordre de 5 à 6 % des Parisiens (environ 78 000 personnes).

Et pourtant, le vote a été scruté de près dans le reste de l’Europe.

Le maire de Londres a déclaré qu’il surveillerait avec attention l’efficacité de la mesure parisienne, rapporte The Guardian.

« Nous examinons toujours les politiques dans le reste du monde. […] Plutôt que d’inventer de mauvaises politiques, si d’autres villes font des choses qui fonctionnent, nous les copierons».

À Lyon, troisième ville la plus peuplée de France, les véhicules lourds vont également payer plus cher leur stationnement à partir de juin.