Les patrons français plus optimistes que les allemands sur la transition énergétique
Selon une enquête de la Fondation pour le climat, les chefs d'entreprise français se montrent enthousiastes des perspectives de la transition énergétique. Leurs équivalents allemands sont plus réservés sur le sujet.
Selon une enquête de la Fondation pour le climat, les chefs d’entreprise français se montrent enthousiastes des perspectives de la transition énergétique. Leurs équivalents allemands sont plus réservés sur le sujet.
S’il reste une raison d’être optimiste, c’est bien sur la transition énergétique…C’est ce qu’il ressort d’une étude réalisée par Harris Interactive pour la European Climate Foundation, une fondation dédiée à la lutte sur le changement climatique installée à Bruxelles,
Si les chefs d’entreprise des deux pays se montrent globalement d’accord sur la nécessité de faire évoluer les mix-énergétiques des deux pays, et notamment de limiter la part du nucléaire et du charbon, les Allemands semblent nonobstant n’accorder qu’un crédit limité à cette perspective.
Alors que les Français témoignent d’un réel enthousiasme, les Allemands se montrent légèrement désabusés. Ils sont par exemple 87 % à penser que la transition énergétique aura un impact « plutôt positif » sur l’innovation technologique contre 68 % pour les Allemands ; 74 % à estimer que cela aura un impact positif sur la croissance contre seulement 43 % des Allemands, et 66 % à songer que cela aura un impact sur la sécurité d’approvisionnement contre seulement 35 % de leurs pairs teutons. On observe le même décalage d’optimisme sur les sujets de l’emploi, la compétitivité, la facture d’électricité ou les coûts globaux d’approvisionnement en énergie.
Il faut dire que la transition énergétique, qui a déjà largement démarré en Allemagne avec un soutien massif aux énergies renouvelables, a déjà fait augmenter fortement les coûts de l’électricité outre-Rhin, alors qu’ils sont restés plus faibles en France où le nucléaire reste et restera encore longtemps la première source d’énergie primaire.
Bilan, plus de la moitié des chefs d’entreprise français estime avoir plus à gagner qu’à perdre dans la transition énergétique, alors qu’en Allemagne, seulement un sur trois y croit.
Faible crédit paradoxal apporté au gouvernement en France
Malgré ce relatif pessimisme, les Allemands jugent relativement positivement l’action de leur gouvernement sur la transition énergétique, alors que les Français se montrent très critiques. Seulement 54 % d’entre eux qualifient la politique du gouvernement en matière de transition énergétique « ambitieuse », contre 66 % des Allemands.
Les Français râlent aussi sur les moyens déployés, qui sont insuffisants pour la grande majorité des dirigeants français, alors qu’ils le sont pour 46 % des dirigeants allemands ; les mêmes se plaignent aussi de ne pas être écoutés par leur gouvernement
Plus d’enthousiasme sur des mesures potentielles
Les dirigeants français appellent de leurs vœux des aides financières pour l’équipement ou la R&D en matière de renouvelables, mais sont là encore plus positifs que les Allemands.
En revanche, les chefs d’entreprise des deux pays estiment que la transition énergétique a plus de chances d’être menée à bien en Allemagne plutôt qu’en France.
Où le débat sur la loi de transition énergétique démarre mercredi 1er octobre.
>>Lire Désaccords en Allemagne sur le coût de la transition énergétique