Les Pays-Bas présentent leurs priorités quant aux matières premières critiques de l’UE
En prévision d’une proposition de la Commission attendue en mars, les Pays-Bas ont défini cinq domaines prioritaires pour une stratégie européenne « cohérente » en matière de matières premières critiques afin d’assurer la transition écologique et de réduire la dépendance à l’égard de la Chine.
En prévision d’une proposition de la Commission attendue en mars, les Pays-Bas ont défini cinq domaines prioritaires pour une stratégie européenne « cohérente » en matière de matières premières critiques afin d’assurer la transition vers une économie verte et de réduire la dépendance à l’égard de la Chine.
Pour que l’Union européenne puisse se passer des combustibles fossiles, des matériaux comme le cobalt, le lithium et les terres rares sont indispensables au développement de technologies essentielles telles que les éoliennes, les panneaux solaires et les batteries, mais très peu proviennent d’Europe.
L’expression « matières premières critiques » désigne les matières qui revêtent une grande importance pour l’économie de l’UE et dont l’approvisionnement présente un risque élevé. L’accent est mis de plus en plus sur l’obtention de ces matières, et l’exécutif européen devrait présenter une proposition à ce sujet au printemps.
Afin de réduire la dépendance à l’égard des pays tiers et de garantir des chaînes d’approvisionnement aussi résilientes que possible, les Pays-Bas demandent que la prochaine proposition de l’UE se concentre sur cinq domaines pour couvrir l’approvisionnement en matériaux au sein de l’Union européenne et de ses chaînes d’approvisionnement mondiales.
« Le contrôle des matières premières critiques peut de plus en plus être utilisé comme une arme géopolitique, en plus de l’influence économique », a déclaré Micky Adriaansens, ministre néerlandaise de l’Économie et du Climat.
Dans leur document officieux diffusé la semaine dernière, les Pays-Bas appellent au renforcement de la capacité de production interne à l’UE, notamment par le biais d’une exploitation minière durable et de l’augmentation de la capacité de raffinage au sein de l’UE.
Pour ce faire, l’Union doit dresser un tableau des matériaux critiques potentiels présents dans son territoire et des lieux où ils peuvent être traités, ainsi que des projets qui pourraient en tirer parti.
L’UE peut également soutenir un approvisionnement national en matières premières critiques en augmentant la circularité dans le secteur, notamment en réduisant la quantité de matériaux utilisés, en réutilisant et en réparant les produits, et en recyclant.
« Bien que la circularité ne puisse pas résoudre les problèmes de pénurie et d’accès aux matières premières, elle constitue un élément très important de ce plan d’action global », peut-on lire dans le document.
L’innovation est également nécessaire pour substituer les matériaux critiques par ceux dont les chaînes de valeur sont moins précaires, ajoute-t-il.
Selon les Pays-Bas, il est également essentiel de chercher à former de nouveaux partenariats, notamment avec des pays d’Amérique latine et d’Afrique, afin de renforcer la résilience de la chaîne d’approvisionnement de l’UE. Ces relations doivent être « efficaces et adaptées à l’avenir », a déclaré Mme Adriaansens.
À l’heure actuelle, l’UE est fortement dépendante de la Chine pour de nombreuses matières premières essentielles, alors que « disposer d’un éventail diversifié de fournisseurs est un élément crucial pour accroître la résilience de l’économie européenne », selon le document néerlandais.
La Commission européenne étudie déjà la possibilité de créer un Club des matières premières critiques afin de réunir les consommateurs et les pays riches en ressources et d’assurer « la sécurité mondiale de l’approvisionnement grâce à une base industrielle compétitive et diversifiée ».
L’UE devrait également veiller à ce que sa chaîne d’approvisionnement en matières premières critiques soit durable et ne contribue pas aux violations des droits de l’homme. Elle doit donc promouvoir des normes environnementales, sociales et de gouvernance ainsi que des politiques commerciales responsables, indique le document néerlandais.
« Une production, un raffinage et un commerce responsables et durables à l’échelle mondiale sont des conditions préalables à la mise en place d’un marché fiable, d’investissements suffisants et, en fin de compte, de la sécurité d’approvisionnement de l’UE », poursuit le document.
Le document suggère également que l’UE surveille attentivement quelles matières premières critiques sont stratégiques et où se situent les risques potentiels, y compris le suivi des matières prioritaires pour les différents pays de l’UE.
Le document officieux néerlandais s’aligne étroitement sur la Loi sur les matières premières critiques, qui doit être publiée au printemps dans le cadre des efforts déployés par l’UE pour relancer l’industrie minière, diversifier les chaînes d’approvisionnement et dépendre moins de la Chine, qui est actuellement le principal fournisseur de matières premières critiques de l’Union.