Les Pays-Bas sont contre l’idée d’accorder plus de temps à la Grèce pour ses réformes

Si le président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, a exprimé son soutien au gouvernement grec conservateur hier (22 août), les Pays-Bas ont quant à eux affirmé qu'ils n'était pas favorables à l'idée d'accorder plus de temps à la Grèce pour mettre en place les réformes difficiles auxquelles elle est tenue.

EURACTIV.fr / Reuters
Athens Parthenon Greece_Picnik.jpg
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Si le président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, a exprimé son soutien au gouvernement grec conservateur hier (22 août), les Pays-Bas ont quant à eux affirmé qu'ils n'était pas favorables à l'idée d'accorder plus de temps à la Grèce pour mettre en place les réformes difficiles auxquelles elle est tenue.

M. Juncker est le premier grand dirigeant européen à s'être rendu à Athènes depuis l'arrivée au pouvoir d'un gouvernement mené par les conservateurs en juin dernier. Ce gouvernement avait promis d'honorer ses engagements en adoptant les mesures d'austérité nécessaires à son renflouement, mais il souhaiterait obtenir un délai supplémentaire pour atteindre ses objectifs.

Le premier ministre, Antonis Samaras, a réclamé « un peu d'air pour respirer », une demande qui a suscité le mécontentement des Pays-Bas et de l'Allemagne. M. Juncker a déclaré que la décision d'accorder ou non plus de temps à la Grèce dépendrait des résultats d'une évaluation de la progression des réformes dans le pays, réalisée par l'UE et le FMI.

Il a également encouragé la Grèce à remettre ses finances à flot en précisant que la prochaine tranche d'aide prévue dépendrait de la capacité du pays à produire une stratégie crédible en matière de coupes budgétaires.

« Dans l'avenir immédiat, la balle est dans le camp de la Grèce », a souligné M. Juncker. « En réalité, c'est la dernière chance du pays, les citoyens grecs doivent en être conscients. »

M. Juncker a reconnu que la Grèce traversait une « crise de crédibilité », mais il a répété qu'il était contre la sortie du pays de la zone euro, étant donné que cela ne lui serait d'aucun secours et comprendrait des risques majeurs pour l'ensemble de la zone euro. Il s'est dit contre l'idée d'un troisième renflouement et préfère exhorter Athènes à mettre en place des réformes structurelles et des privatisations afin de redresser la barre de son économie.

Le président de l'Eurogroupe a accordé son soutien au gouvernement conservateur, une initiative encourageante selon M. Samaras, qui s'est lancé dans une opération de charme pour convaincre les dirigeants européens de sa volonté de faire adopter ces réformes impopulaires et de la nécessité d'accorder plus de temps à son pays.

« Tout ce que nous voulons, c'est un peu d'air pour respirer, remettre notre économie à flot et accroître les recettes de l'État. Plus de temps ne signifie pas nécessairement plus d'argent », a déclaré M. Samaras au journal allemand Bild en amont de ses négociations avec M. Juncker.

« Permettez-moi de clarifier la situation : nous ne demandons pas plus d'argent. Nous respectons nos engagements et les conditions qui nous sont imposées. »

Ses propos n'ont toutefois pas convaincu le ministre néerlandais des finances, dont le pays a lourdement critiqué la lenteur des réformes en Grèce.

« S'il s'agit de repousser les réformes et les coupes budgétaires, ce n'est pas une bonne idée », a déclaré à la presse Jan Kees de Jager.

La Grèce ne sortira pas de la zone euro

Nommé en juin dernier à l'issue deux élections législatives tumultueuses (voir « Contexte »), M. Samaras jongle depuis lors entre les exigences des électeurs qui rejettent l'austérité et les décideurs politiques étrangers furieux qui réclament des coupes budgétaires plus sévères.

Alors que les coffres se vident et que les rumeurs sur la sortie de la Grèce de la zone euro sans aide supplémentaire reprennent, M. Samaras doit se rendre à Berlin vendredi pour rencontrer la chancelière allemande, Angela Merkel, et à Paris le jour suivant pour une réunion avec le président français, François Hollande.

Bien décidé au début à réclamer plus de temps, le gouvernement de M. Samaras a baissé le ton ces dernières semaines et compte évoquer cette idée lors des réunions de cette semaine, au lieu d'introduire une demande officielle.

M. Merkel a déjà fait savoir qu'aucune décision ne serait prise lors de sa réunion avec M. Samaras, avant d'ajouter qu'elle préférait elle aussi attendre les résultats de l'évaluation des progrès de la Grèce en matière de réformes. Ce rapport ne devrait pas être publié avant fin septembre.