Les ratés techniques de l’agence de sélection du personnel de l’UE embarrassent Bruxelles

L’Office européen de sélection du personnel (EPSO), chargé de recruter les futurs fonctionnaires européens, fait une nouvelle fois face à un scandale embarrassant. Des pannes techniques massives ont récemment perturbé des examens en ligne, suscitant la colère de nombreux candidats et relançant les critiques sur l’agence.

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[Getty Images/Nicolas Economou_NurPhoto]

L’EPSO a annoncé la semaine dernière que son concours général de sélection, attendu depuis longtemps, n’aurait finalement lieu qu’au début de 2026, sans date précise.

Ce concours, initialement prévu pour 2019, a été repoussé à plusieurs reprises. Selon les estimations, près de 50 000 candidats attendent de passer les épreuves — soit davantage que le nombre total d’employés actuels de la Commission européenne (qui est d’environ 32 000 personnes).

Sur son site web, l’agence a déclaré que le report visait à « permettre une intégration efficace du nouveau prestataire de tests […] et des outils informatiques associés ».

L’EPSO a introduit les tests à distance en 2021 dans le cadre d’une refonte numérique accélérée par la pandémie de Covid. Depuis lors, le processus a été entaché de problèmes techniques récurrents, ce qui a conduit l’EPSO à rompre ses liens avec son ancien fournisseur informatique, Prometric.

L’agence organise actuellement les tests des candidats sur une plateforme provisoire, TestWe, un fournisseur de logiciels tiers qui surveille les tests supervisés à distance.

Pourtant, plusieurs candidats ont confié à Euractiv avoir rencontré d’importantes difficultés techniques la semaine dernière lors d’un examen visant à recruter du personnel permanent. Certains ont fait part de leurs plaintes dans un groupe Facebook et sur les réseaux sociaux, tandis que d’autres ont déposé des plaintes officielles via le portail unique des candidats — une plateforme en ligne où les candidats gèrent leur profil personnel.

Sur les réseaux sociaux, les eurocrates en devenir expliquent avoir perdu beaucoup de temps à gérer des problèmes techniques tels que le gel ou le plantage des pages sur TestWe. De plus, certains candidats ont tenté de contacter le fournisseur pour obtenir de l’aide pendant l’examen, mais sans succès.

« Quelqu’un a-t-il rencontré des problèmes techniques lors de l’enregistrement ou de l’envoi de l’examen ? Dans mon cas, mon dernier examen est apparu comme “non passé” et je ne peux même plus accéder à TestWe », déplore un candidat sur Facebook.

Un porte-parole de la Médiatrice européenne — l’organisme indépendant chargé d’examiner les cas de mauvaise administration des institutions de l’UE — a indiqué à Euractiv qu’aucune plainte officielle n’avait encore été reçue concernant le concours de la semaine dernière.

L’organisme de surveillance de l’UE a clos en 2024 une enquête sur l’utilisation des tests à distance par l’EPSO, recommandant plusieurs mesures correctives. Il s’agissait notamment de veiller à ce que les exigences techniques ne désavantagent pas les candidats, à ce que les procédures de dépannage et de réclamation soient clairement communiquées et à ce que l’EPSO révise ses directives internes en matière de traitement des réclamations, a déclaré le porte-parole.

Le porte-parole de la Médiatrice a confirmé que « l’EPSO avait réagi de manière constructive » aux propositions.

Par ailleurs, la commission des pétitions (PETI) du Parlement européen, qui permet aux citoyens de soumettre directement des pétitions à l’assemblée, a adopté à l’unanimité ce mardi 4 novembre une résolution concernant la « mauvaise gestion de l’organisation des concours par l’EPSO ».

La résolution ne couvre que la période précédant le début de la collaboration entre la plateforme et TestWe, a indiqué l’entreprise à Euractiv.

La Commission européenne n’a pas répondu à la demande de commentaires d’Euractiv avant la publication de cet article.

Cet article a été mis à jour avec un commentaire de TestWe.