La Médiatrice européenne enquête sur les SMS échangés entre von der Leyen et Macron au sujet de l’accord UE-Mercosur

La Médiatrice européenne Teresa Anjinho a ouvert mardi 23 septembre une enquête sur un échange de SMS entre la présidente de la Commission et le président français au sujet de l’accord commercial controversé conclu par l’UE avec les pays du Mercosur.

EURACTIV.com
Emmanuel Macron et Ursula von der Leyen. [Getty Images/Telmo Pinto_NurPhoto]

Cette décision fait suite à une plainte déposée par un journaliste du site d’investigation Follow The Money, après que sa demande d’accès à un message échangé entre les deux présidents en 2024 a été ignorée pendant 15 mois, avant d’être finalement rejetée.

La Médiatrice enquêtera sur la manière dont la demande d’accès a été traitée par l’exécutif de l’UE.

La Commission a déclaré qu’elle n’avait pas pu identifier le message en question, et ce malgré des « recherches exhaustives ». Elle a également expliqué que le SMS avait été envoyé via l’application mobile de messagerie instantanée Signal avec le mode « messages éphémères » activé, et qu’il n’était donc plus stocké sur le téléphone d’Ursula von der Leyen.

Cette affaire rappelle celle du « Pfizergate », dans le cadre de laquelle le New York Times a contesté le refus de la Commission de divulguer les SMS échangés entre Ursula von der Leyen et le PDG de Pfizer, Albert Bourla, pendant les négociations des contrats de vaccins contre la Covid-19. En mai, la Cour de justice de l’UE a jugé que la Commission n’avait pas fourni d’explication « plausible » pour justifier son rejet de cette demande.

À la suite de la plainte au sujet du SMS avec Emmanuel Macron, l’organisme de surveillance des institutions et organes de l’UE a demandé à rencontrer les services de la Commission avant la mi-octobre 2025 et a requis des documents internes ayant trait à la manière dont la demande d’accès a été traitée.

L’accord UE-Mercosur, conclu fin 2024 après 25 longues années de négociations, est l’accord commercial le plus important et le plus controversé signé par la Commission à ce jour. S’il entrait en vigueur, il créerait une zone de libre-échange de plus de 700 millions de personnes. Toutefois, il s’est heurté à plusieurs reprises à une opposition farouche de la part des organisations d’agriculteurs, en particulier en France, et des mouvements écologistes de l’ensemble du bloc.

Début septembre, la Commission a approuvé le projet d’accord avec le bloc sud-américain et a lancé le processus de ratification du texte. Pour répondre aux inquiétudes des Européens, elle a promis de mettre en place de garanties pour les agriculteurs de l’UE.

Angelo Di Mambro a contribué à la rédaction de cet article.

(asg)