Les règles de l’UE en matière de dette divisent la coalition gouvernementale
La coalition gouvernementale est divisée au sujet de la réforme des règles de l’UE sur la dette. Les Verts ont critiqué mardi (25 avril) le ministre des Finances Christian Lindner (FDP) pour avoir adopté une position trop conflictuelle après qu'il a insisté pour « renforcer les règles fiscales de l’UE, et non les diluer ».
La coalition gouvernementale tripartite est divisée au sujet de la réforme des règles de l’UE en matière de dette. Les Verts ont critiqué mardi (25 avril) le ministre des Finances Christian Lindner (FDP) pour avoir adopté une position trop conflictuelle après qu’il a insisté pour « renforcer les règles fiscales de l’UE, et non les diluer ».
Mercredi (26 avril), la Commission européenne présentera sa proposition législative concernant les règles de l’UE relatives aux dettes et aux déficits nationaux ( pacte de stabilité et de croissance ), dans laquelle elle souhaite que l’application des règles soit plus ciblée sur la situation individuelle des pays de l’UE.
Un jour seulement avant la proposition, le ministre allemand des Finances, Christian Lindner du Parti libéral-démocrate (FDP), a mis en garde contre un assouplissement des règles, insistant sur les exigences minimales en matière de réduction annuelle de la dette des États membres très endettés, tels que l’Italie et la Grèce.
« Nous devons renforcer les règles budgétaires de l’UE, et non les diluer », a-t-il écrit dans une tribune publiée mardi dans le Financial Times.
Dans cet article, M. Lindner réitère la position du gouvernement allemand, qui a été envoyée à la Commission européenne dans un document non officiel au début du mois.
« La réforme du pacte de stabilité et de croissance ne peut être une fin en soi », a également déclaré M. Lindner. Si la position du gouvernement allemand n’est pas suffisamment prise en compte, « il ne serait pas souhaitable de changer les règles », a-t-il ajouté, remettant en cause l’ensemble de la réforme.
Toutefois, ses propos ont suscité de vives critiques au sein de la coalition gouvernementale allemande.
« Il serait souhaitable que tous les membres de la coalition attendent d’abord les propositions de la Commission européenne et les examinent en détail avant d’enfoncer publiquement des clous », a indiqué à EURACTIV Anton Hofreiter (Verts), chef de la commission des affaires européennes au Bundestag allemand.
« Au niveau européen, une approche conflictuelle ne s’avère presque jamais utile », a-t-il souligné, critiquant M. Lindner pour sa pression publique de dernière minute.
Pour M. Hofreiter, l’objectif de la réforme est avant tout de permettre aux États de l’UE d’investir dans des technologies respectueuses du climat. « Pour ce faire, les États membres de l’UE ont besoin d’une marge de manœuvre budgétaire suffisante et de règles fiscales qui conviennent à tous », a-t-il expliqué.
M. Lindner doit lui aussi « reconnaître que les règles actuelles ne fonctionnent pas », a affirmé M. Hofreiter.
La Commission européenne a annoncé en mars qu’elle ne prolongerait pas l’application d’une exception aux règles budgétaires, qui permettait aux États membres d’avoir une dette et des déficits plus élevés pendant la pandémie de Covid-19.
Les institutions de l’UE ont pour objectif de finaliser la réforme au cours de cette année afin que les nouvelles règles puissent être appliquées aux budgets nationaux dès 2024.
« La rhétorique de M. Lindner est plus dure que son mandat de négociation », a déclaré le législateur européen Rasmus Andresen, chef de la délégation allemande des Verts au Parlement européen.
« La Commission européenne ne devrait pas trop écouter Berlin, mais présenter une proposition qui s’adapte à notre époque sur le plan économique, qui stimule les investissements verts et qui empêche la division sociale », a indiqué M. Andresen à EURACTIV.