Les Socialistes et Démocrates bloquent les candidatures de Raffaele Fitto et Olivér Várhelyi en opposition au PPE

Les Socialistes et Démocrates du Parlement européen (S&D) s’opposent à la fois à l’Italien Raffaele Fitto et au Hongrois Oliver Varhelyi aux postes de commissaires européens après des jours de négociations enlisées qui mettent l’Europe en danger, d’après des sources S&D.

EURACTIV.com
Confirmation hearings of the EU commissioners-designate in Brussels
Le vice-président exécutif désigné de la Commission européenne pour la Cohésion et les Réformes, Raffaele Fitto, assiste à son audition de confirmation devant les commissions du Parlement européen à Bruxelles, Belgique, le 12 novembre 2024. [EPA-EFE/OLIVIER MATTHYS]

Les Socialistes et Démocrates européens (S&D) s’opposent à la fois à l’Italien Raffaele Fitto et au Hongrois Olivér Varhélyi aux postes de commissaires européens, après des jours de négociations enlisées qui mettent l’Europe en danger, d’après des sources S&D.

Après le report des réunions de confirmation du vice-président désigné à la Cohésion et aux Réformes, Raffaele Fitto, mardi 12 novembre, les dirigeants pro-européens ont tenté de trouver une solution à l’impasse, alimentée par des tensions et des luttes de pouvoir politiques, alors que le Parti populaire européen (PPE) — présidé par l’eurodéputé allemand Manfred Weber — a multiplié les attaques contre la vice-présidente désignée pour une Transition propre, Juste et Compétitive, l’Espagnole Teresa Ribera (S&D).

« Si la stabilité du projet européen et de la future Commission européenne est en danger aujourd’hui, une seule personne en est responsable […] le PPE et Manfred Weber », confie une source du S&D à Euractiv.

Les dirigeants des groupes PPE, S&D et Renew, les principales forces politiques pro-européennes, se sont rencontrés mercredi 13 novembre à Bruxelles afin de négocier un accord pour confirmer la nouvelle Commission européenne, mais aucune solution n’a été trouvée. Le calendrier de la réunion d’évaluation des six vice-présidents désignés reste donc inconnu.

Les retards pourraient désormais avoir un impact sur l’entrée en vigueur de la nouvelle Commission. En effet, si celle-ci n’est pas approuvée lors de la prochaine session plénière à Strasbourg dans la semaine du 25 novembre, sa date d’entrée en fonction pourrait être repoussée à 2025.

C’est un non pour Raffaele Fitto et Olivér Várhelyi

L’une des lignes rouges du S&D a toujours été l’attribution de la vice-présidence au candidat italien Raffaele Fitto (Fratelli d’Italia, Conservateurs et Réformistes européens), les sociaux-démocrates s’opposant fermement à l’attribution d’un poste clé à un parti d’extrême droite qui n’a pas soutenu l’élection de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, en juillet dernier.

« Il [Raffaele Fitto] n’aura pas notre soutien », confirme une source du S&D à Euractiv.

La Première ministre italienne, Giorgia Meloni, qui a désigné son ministre pour ce rôle en août dernier, a vivement critiqué les pressions exercées pour priver ce dernier de la vice-présidence exécutive à la Cohésion et aux Réformes.

« Voici vos représentants de gauche. […] Selon eux, l’Italie ne mérite pas une vice-présidence au sein de la Commission », s’est indignée Giorgia Meloni sur X mercredi.

Selon nos informations, le groupe S&D refusera de négocier un accord global pour les six vice-présidents parce que Raffaele Fitto ne fait pas partie des forces pro-européennes.

« Il n’y a pas de place pour des négociations au-delà de l’accord entre les trois familles politiques [pro-européennes] », explique la source S&D.

La même position s’applique au commissaire désigné hongrois Olivér Várhelyi (Patriotes pour l’Europe), le groupe socialiste ayant décidé de ne pas soutenir sa confirmation, même après une révision potentielle de son portefeuille afin de supprimer ses compétences en matière de santé, selon des sources du groupe S&D.

La réunion des coordinateurs sur le candidat hongrois, initialement prévue lundi 11 novembre, avait été reportée à mercredi, avant d’être officiellement repoussée jusqu’à nouvel ordre.

Valérie Hayer, présidente du groupe Renew, a exhorté le PPE et le S&D, ainsi que la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, à reprendre les négociations afin d’éviter « l’effondrement politique » et l’ingouvernabilité, appelant à un accord politique avant la réunion des présidents de groupe mercredi.

« Nous dénonçons et regrettons l’action irresponsable de toutes les forces politiques qui ne contribuent pas à une solution responsable, valable et réelle », a déclaré la Française.

Si le groupe des Socialistes et Démocrates européens n’est plus considéré comme un partenaire égal par le PPE, les conservateurs cherchent de plus en plus à former des coalitions avec l’aile droite du Parlement, notamment les trois groupes d’extrême droite : les Conservateurs et Réformistes européens (CRE), les Patriotes pour l’Europe et l’Europe des nations souveraines.

[Édité par Anna Martino]