Les Socialistes et Démocrates s’opposent au candidat désigné par Mark Rutte pour remplacer Frans Timmermans
Les Socialistes et Démocrates ont promis un parcours difficile à Wopke Hoekstra, candidat néerlandais au remplacement de Frans Timmermans au poste de vice-président de la Commission européenne, en raison de ses remarques sur les États d’Europe du Sud durant la pandémie de Covid.
Le groupe des Socialistes et Démocrates (S&D) au Parlement européen a promis un parcours difficile à Wopke Hoekstra, le candidat néerlandais au remplacement de Frans Timmermans au poste de vice-président de la Commission européenne, en raison de ses remarques controversées sur les États d’Europe du Sud lors de la pandémie de Covid-19.
Vendredi dernier (25 août), le Premier ministre néerlandais Mark Rutte a officiellement désigné l’actuel ministre des Affaires étrangères Wopke Hoekstra (Appel chrétien-démocrate, CDA) comme candidat pour devenir le prochain commissaire européen du pays.
M. Hoekstra devrait remplacer Frans Timmermans (Parti travailliste, PvdA), qui a démissionné en début de semaine pour se consacrer à la politique néerlandaise et prendre la tête d’une coalition entre le Parti travailliste (S&D) et les Verts.
Mark Rutte se retirera lors des élections générales de novembre, après plus d’une décennie au pouvoir, une décision qui a poussé M. Timmermans à revenir sur la scène politique néerlandaise.
Dans un communiqué publié vendredi, le groupe des Socialistes et Démocrates, pour lequel M. Timmermans avait été le principal candidat aux élections européennes de 2019, a attiré l’attention sur les remarques formulées par M. Hoekstra, alors ministre des Finances, lors de la pandémie de coronavirus. À l’époque, les appels de M. Hoekstra en faveur d’une enquête sur les difficultés budgétaires rencontrées par les pays du sud de l’Europe dans leur lutte contre les retombées économiques avaient suscité la colère du Premier ministre portugais Antonio Costa et de bien d’autres.
Chef de son parti de centre droit, l’Appel chrétien-démocrate (Parti populaire européen, PPE), et l’un des partisans d’une approche stricte de la fiscalité dans la zone euro, M. Hoekstra était l’un des principaux opposants à tout projet visant à modifier les règles de l’UE en matière de dettes et de déficits budgétaires.
« Un commissaire désigné ne fait pas un commissaire, encore moins [un candidat] soutenu par défaut par le groupe S&D. Tout commissaire désigné doit être soumis à l’approbation du Parlement européen. Tout commissaire désigné doit faire l’objet d’auditions sérieuses et rigoureuses au Parlement européen », a indiqué le groupe des Socialistes et Démocrates.
M. Hoekstra sera probablement auditionné par la commission de l’Environnement, de la Santé publique et de la Sécurité alimentaire (ENVI) du Parlement européen en septembre, avant que les eurodéputés ne confirment s’il rejoindra ou non la Commission.
Le groupe politique de centre gauche a cherché à placer le soutien aux politiques de l’UE relevant du Pacte vert pour l’Europe (Green Deal) et du changement climatique au cœur de sa campagne en vue des élections de juin prochain. Selon les membres du groupe, ce portefeuille, qui était détenu par M. Timmermans, devrait rester entre les mains d’un membre du centre gauche de l’exécutif européen.
Alors que l’ancien diplomate slovaque Maroš Šefčovič, qui a été désigné pour reprendre le rôle de vice-président exécutif chargé du Pacte vert pour l’Europe, appartient à la famille de centre gauche, la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a indiqué dans une déclaration que le portefeuille de l’action pour le climat serait confié au nouveau commissaire néerlandais.
« Dans le contexte des récentes manœuvres cyniques et populistes du PPE conservateur visant à édulcorer le Pacte vert et à faire capoter des dossiers législatifs clés tels que le règlement sur la restauration de la nature, il est crucial pour notre groupe que le portefeuille de l’action climatique reste entre les mains de la famille des Socialistes et Démocrates », a déclaré le groupe S&D.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]