Les socialistes fustigent le projet de Bruxelles de conditionner l’octroi de fonds de l’UE à des réformes

Le groupe souhaite également repousser toute tentative de réaffectation du Fonds social européen à d'autres priorités, telles que la défense.

EURACTIV.com
EU Parliament plenary session
Iratxe García Pérez, cheffe de file du groupe S&D au Parlement européen. [EPA-EFE/JULIEN WARNAND]

Le groupe des Socialistes et Démocrates européens (S&D) s’est prononcé contre les projets de la Commission européenne visant à lier l’octroi de fonds du budget de l’UE à des réformes nationales.

L’exécutif de l’UE devrait bientôt présenter sa proposition pour le prochain budget à long terme de l’UE — le cadre financier pluriannuel (CFP), doté d’une enveloppe de 1 200 milliards d’euros. Pour le budget 2028-2034, la Commission souhaite exercer un contrôle plus strict sur le moment où les fonds de l’UE sont accordés, en proposant que les paiements ne soient effectués qu’une fois que les États mettent en œuvre des réformes visant à stimuler la compétitivité.

Une nouvelle mesure qui divise, tant les États membres que les groupes du Parlement européen.

Après avoir initialement rejeté l’idée, le plus grand groupe au sein de l’hémicycle européen, le Parti populaire européen (PPE), s’est rangé du côté de la Commission d’Ursula von der Leyen, elle même membre du PPE, sur la question.

Aujourd’hui, le groupe S&D, le deuxième plus grand groupe au Parlement, affirme que si le Berlaymont veut leur soutien sur le budget, il doit abandonner le système visant à lier réformes nationales et distribution des fonds.

« Nous nous opposerons fermement à la possibilité que les plans budgétaires nationaux soient soutenus par une règle de “paiement contre réformes” », peut-on lire dans une lettre envoyée à Ursula von der Leyen mardi 1er juillet et notamment signée par Iratxe García Pérez, cheffe du groupe S&D.

Alors que le PPE pourrait faire passer le budget au Parlement en s’appuyant sur une majorité de droite, le chef du groupe de centre-droit, Manfred Weber a confié à Euractiv début du mois que le budget serait adopté avec les votes des socialistes.

Dans leur lettre, les eurodéputés socialistes ont également souligné la nécessité d’un fonds social autonome afin de repousser toute tentative de réaffecter les 142,7 milliards d’euros du Fonds social européen (FSE+) à d’autres priorités, telles que la défense.

« L’urgence de la situation politique n’autorise pas les jeux politiques inutiles », ont écrit les socialistes, qui ont contribué à l’élection de l’actuel exécutif de l’UE en juin 2024.