Les sociaux-démocrates suédois demandent à l'UE de légiférer sur la vérification de l'identité sur les réseaux sociaux

Les sociaux-démocrates suédois ont demandé à l’UE d’introduire une obligation de vérification de l’identité sur les réseaux sociaux afin d’empêcher la création de faux comptes.

/ Euractiv.com
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Le leadership du Premier ministre suédois a été mis à mal par les révélations sur les usines à trolls gérées par ses partenaires de coalition, moins d’un mois avant les élections européennes. [ [Shutterstock/Rawpixel.com]]

Les sociaux-démocrates suédois ont demandé à l’Union européenne d’introduire une obligation de vérification de l’identité sur les réseaux sociaux afin d’empêcher la création de faux comptes, ont déclaré jeudi (16 mai) l’ancienne Première ministre Magdalena Andersson et l’eurodéputée socialiste Heléne Fritzon, suite aux récentes révélations sur des usines à trolls présumées d’extrême droite.

La semaine dernière, la chaîne de télévision suédoise TV4 a révélé que le service de communication du parti d’extrême droite des Démocrates de Suède (SD/CRE) avait utilisé de nombreux comptes anonymes pour promouvoir et partager des contenus sur les réseaux sociaux qui lui étaient favorables, parfois aux dépens de ses alliés de la coalition.

Les Démocrates de Suède, deuxième parti du pays, ne font pas officiellement partie de la coalition de centre droit formée par les Modérés (PPE), les Chrétiens-démocrates (PPE) et les Libéraux (Renew Europe), mais ils la soutiennent en échange d’une politique plus stricte en matière d’immigration. Sans leur soutien, la coalition dirigée par le Premier ministre Ulf Kristersson (Modérés) tomberait.

« Le parti le plus important de la coalition gouvernementale s’est révélé être à la tête d’une usine à trolls », a déclaré Mme Andersson, cheffe de file des sociaux-démocrates de l’opposition, lors d’une conférence de presse tenue jeudi.

« Cette façon de travailler rappelle celle de la Russie et n’a pas sa place en Suède », a-t-elle ajouté.

C’est pourquoi, selon Mme Andersson et l’eurodéputée socialiste Heléne Fritzon, les sociaux-démocrates suédois travailleront à l’introduction de l’identification obligatoire sur les réseaux sociaux dans l’ensemble de l’Union européenne — leur proposition ne visant pas à interdire l’anonymat sur les réseaux sociaux, mais à rendre obligatoire l’identification lors de la création d’un compte afin qu’il puisse toujours être lié à une personne.

« Nous voulons utiliser l’UE pour supprimer les faux comptes sur les réseaux sociaux. Tous les comptes doivent être soumis à des exigences d’identification et doivent pouvoir être liés à une personne », a déclaré Mme Andersson.

Selon Mme Fritzon, la Russie utilise ce type de comptes pour diffuser de la désinformation.

« Avec leurs faux comptes, ils veulent diviser et influencer les prochaines élections. Ces informations mensongères trompent le peuple suédois », a expliqué Mme Fritzon.

Le leadership du Premier ministre suédois a été mis à mal par les révélations sur les usines à trolls gérées par ses partenaires de coalition, moins d’un mois avant les élections européennes.

« Je demande à Ulf Kristersson d’assumer les fonctions de Premier ministre et de veiller à ce que les élections européennes se déroulent sans influence indue », a déclaré Mme Andersson.

Un débat qui se poursuit au sein de l’UE

L’UE a fait pression en faveur d’une forme d’identification numérique qui pourrait être compatible avec les réseaux sociaux. En commençant par le règlement sur l’identification électronique et les services de confiance pour les transactions électroniques (eIDAS), adopté en 2014, Bruxelles a jeté les bases d’une telle identification en ligne.

Dans le cadre du règlement eIDAS, le Parlement européen a donné son approbation finale en février au règlement sur l’identité numérique, qui créera des portefeuilles d’identification que les citoyens pourront utiliser pour accéder à une série de services publics et privés.

Ces portefeuilles ont récemment été inclus dans le débat sur la protection des mineurs en ligne.

Toutefois, cette vision est encore loin de devenir une réalité, puisque la France a suivi sa propre voie intermédiaire pendant six mois, en utilisant des cartes de crédit pour vérifier l’âge des utilisateurs lorsqu’ils accèdent à des sites web pornographiques.