Les trois grands patronats de l’UE présentent un plan d’attaque économique
Les trois principales organisations patronales de l’UE ont adressé vendredi 22 novembre une déclaration commune à la nouvelle Commission européenne, appelant à des mesures urgentes pour éviter un décrochage de l’Europe vis-à-vis de ses concurrents, à deux mois du retour au pouvoir de Donald Trump.
Les trois principales organisations patronales de l’UE — la Fédération des industries allemandes (BDI), le Mouvement des Entreprises de France (Medef) et la Confédération générale de l’industrie italienne (Confindustria) — ont adressé vendredi 22 novembre une déclaration commune à la nouvelle Commission européenne, appelant à des mesures urgentes pour éviter un décrochage de l’Europe vis-à-vis de ses concurrents, à deux mois du retour au pouvoir de Donald Trump.
« Les rapports [Enrico] Letta et [Mario] Draghi doivent nous servir d’électrochoc et provoquer un sursaut européen, la récente élection américaine tout autant », a lancé vendredi le président du Medef Patrick Martin en présence de ses homologues de la Confindustria italienne et de la BDI allemande, du Premier ministre Michel Barnier et des ministres de l’Économie des trois pays, dont Antoine Armand.
Tous étaient réunis à l’occasion du 6e Forum économique trilatéral France-Allemagne-Italie au siège du Medef, à Paris.
L’ex-Premier ministre italien, Enrico Letta, et l’ancien président de la Banque centrale européenne (BCE) et ancien Premier ministre italien Mario Draghi, ont présenté cette année des rapports alarmants sur le marché intérieur européen et la compétitivité du continent.
Face à « l’urgence », Patrick Martin, Emanuele Orsini, président de la Confindustria et Tanja Gönner, directrice générale de la BDI, ont signé un dense document, dans lequel ils énoncent leurs « quatre priorités », sur lesquelles ils espèrent des actions « dans l’année ».
Elles tournent autour de la compétitivité, de la simplification, de l’innovation et de l’investissement.
Ainsi, pour garantir la compétitivité via une énergie bon marché, ils appellent à l’adoption d’ici un an d’une approche « neutre technologiquement » visant à favoriser toutes les solutions bas-carbone, dont le nucléaire.
Pour réduire « la surrèglementation » européenne, ils demandent le passage en revue des 13 000 lois votées depuis 2019 par l’UE et la suppression de toutes celles n’ayant pas atteint leurs objectifs.
Ils exigent particulièrement la révision de deux directives portant sur les aspects sociétaux et environnementaux des entreprises, mais leur demandant de lourdes démarches, la CSRD et la CS3D.
Ils souhaitent par ailleurs que des actions soient engagées dans l’année pour faire passer à 3 % du PIB les investissements en recherche et développement dans l’UE.
Ils appellent enfin la mise en place dans le même délai d’un marché unique des capitaux, nécessaire selon eux à des investissements stratégiques dans les technologies d’avenir.
L’initiative a reçu les encouragements du Premier ministre Michel Barnier, ex-commissaire européen, qui a estimé que l’Europe doit « se réveiller » et être moins « naïve » sur sa politique de concurrence, « dont le logiciel doit évoluer maintenant », selon lui.
« Désormais, on doit faire de la réciprocité », a-t-il dit.