Les villes envisagent un rapprochement des politiques de transport et de santé
Les urbanistes européens tentent de plus en plus de promouvoir le vélo et la marche pour réduire les taux de mortalité dus à des modes de vie sédentaire.
Les urbanistes européens tentent de plus en plus de promouvoir le vélo et la marche pour réduire les taux de mortalité dus à des modes de vie sédentaire.
La sédentarité est l'un des principaux facteurs de risque de maladies en Europe. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) estime qu'un million de décès par an peuvent être attribués à l'inactivité physique.
Les décideurs politiques reconnaissent la corrélation entre modes de transports et santé, mais peu d'initiatives concrètes à l'échelle nationale ou européenne encouragent les déplacements actifs, ont indiqué les orateurs d'une conférence à Bruxelles le 19 septembre.
Peu d'initiatives communes
Les ministres des transports et de la santé n'ont pas l'habitude de collaborer et de « partager des fonds », ont affirmé des ONG et des représentants des villes, lors d'un débat organisé par Polis, un réseau de villes et de régions européennes qui soutiennent la mobilité durable.
« Les personnes qui travaillent dans la santé publique n'influenceraient pas encore vraiment les transports publics », a noté Phil Insall, directeur de la santé pour Sustrans, une association caritative britannique qui favorise les transports durables.
« Les professionnels des transports ne voient certainement pas les lignes directrices et les recommandations publiées par leur ministère national de la santé. Il est donc assez important d'influencer le secteur des transports et d'interagir [avec lui] », a ajouté Phil Insall.
Selon Benjamin Collin du ministère français de l'écologie, du développement durable et de l'énergie, le gouvernement tente maintenant d'associer le transport à l'environnement et à la santé.
« Nous essayons d’aborder la santé, l'environnement et les transports avec des experts, en utilisant les différentes études dont ils disposent. Ce dialogue peut apporter de nouvelles solutions en vue d’améliorer la mobilité active », a ajouté Benjamin Collin.
Différences régionales
Christian Schweizer, officier technique à l'OMS, a indiqué que les politiques restent contrastées dans les différentes régions de l'Union européenne, car les gouvernements s'intéressent à l'amélioration de la santé via les transports de manière différente.
« J'ai bien peur de dire qu'en Europe de l'Est, la santé n'est traitée qu'à travers les soins de santé. La prévention, et c'est ce dont nous parlons grâce à de meilleurs choix dans les transports, n'est pas très populaire. Les [systèmes de] soins de santé à l'échelle nationale ont bien sûr intérêt à réduire l'immobilité et la mortalité parce que cela coûte de l'argent », a-t-il expliqué.
Kieran Taylor, responsable de projet sur les transports à London Borough of Hounslow, a déclaré que l'obstacle principal était de gagner la confiance des citoyens, à l'aide par exemple de campagnes publiques d'information.
« J'aimerais voir une campagne publique qui fasse réellement passer le message : les transports sont nuisibles. Les routes de Londres ressemblent aux égouts à ciel ouvert du XVIIIe siècle. C'est de là que proviennent la pollution et les maladies », a-t-elle ajouté.
La majorité des personnes interrogées lors d'enquêtes réalisées à Copenhague estiment qu’il est plus facile de se déplacer en vélo car le déplacement en voiture a été rendu plus difficile dans la ville. « En rendant le vélo et la marche plus attrayants […] vous envoyez un message fort en direction des habitués de la voiture en ville», a poursuivi Mme Taylor.