Les Vingt-huit veulent couper les aides à la Turquie

Faute de consensus sur l’arrêt des négociations d’adhésion avec la Turquie, les chefs d’État et de gouvernement s’orientent vers une suspension de l’aide financière à Ankara.

EURACTIV.fr
EU_Turkey_flags_mosque_CREDIT[Ege Gocmen_Shutterstock]
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Faute de consensus sur l’arrêt des négociations d’adhésion avec la Turquie, les chefs d’État et de gouvernement s’orientent vers une suspension de l’aide financière à Ankara.

La question des relations avec la Turquie s’est invitée au dîner des chefs d’État et de gouvernement le 19 octobre, lors du sommet européen à Bruxelles.

Dans les conclusions du sommet, les vingt-huit ont expliqué avoir « tenu un débat sur les relations avec la Turquie », sans autres précisions.

Arrêt des négociations

Lors de sa conférence de presse, la chancelière allemande Angela Merkel a reconnu qu’il n’y avait toujours pas pour l’heure de majorité au Conseil permettant de suspendre le processus d’adhésion avec la Turquie. «  Il y a tous les points de vue au Conseil », a-t-elle souligné.

En dépit de l’absence de consensus sur la question de l’arrêt des négociations,, les chefs d’État et de gouvernement se sont accordés sur la question des fonds de pré-adhésion, et vont demander à la Commission de soumettre une proposition permettant leur suspension.

Les fonds de pré-adhésion sont destinés aux pays candidats ou aux candidats potentiels à l’adhésion à l’UE. Ce soutien financier est destiné à aider les pays candidats à faire évoluer leur économie ainsi que leur administration pour répondre aux critères européens.

Outre la Turquie, dont le processus d’adhésion a commencé en 2005, 6 pays de la région des Balkans bénéficient également de ce soutien financier. (Monténégro, Serbie, Bosnie, Macédoine, Albanie et Kosovo).

Pour la période 2014-2020, l’UE a prévu un budget total de 11,7 milliards d’euros pour ces 7 pays en processus d’adhésion, dont une majeure partie est fléchée vers la Turquie (4,45 milliards d’euros).

Basculement

« La Turquie est en train de s’éloigner de plus en plus des conditions nécessaires à l’adhésion à l’Union européenne », a affirmé la chancelière.

Pourtant, les appels à l’arrêt des négociations ne sont pas majoritaire au Conseil. Si l’Autriche a demandé de manière répétée l’arrêt des négociations, d’autres pays sont farouchement opposés à la solution radicale.

C’est le cas de la Bulgarie, qui prendra la présidence tournante de l’Union européenne dès le 1er janvier 2018. Lors du sommet, le Premier ministre bulgare, Boïko Borissov a rappelé l’opposition de son pays à l’arrêt du processus. « Pendant la présidence bulgare, l’arrêt définitif des négociations d’adhésion ne devra pas être mentionné ».

Accord sur les réfugiés

L’inquiétude des dirigeants européens sur les relations avec la Turquie a grimpé d’un cran depuis la tentative ratée de coup d’État du 15 juillet 2016. Depuis, la dérive autoritaire du président Recep Tayyip Erdoğan s’est accélérée.

Mais si des voix s’élèvent pour dénoncer les purges opérées par le régime et le non-respect de l’État de droit, l’UE reste liée à son partenaire turc par l’accord sur les réfugiés.

Angela Merkel a d’ailleurs confirmé que cette possible suspension des fonds de pré-adhésion ne remettait pas en cause les 3 milliards d’euros que l’UE a promis à la Turquie dans l’accord sur les réfugiés.