L’Espagne maintient un contrat d’armement avec Israël, malgré son engagement à y mettre fin

Le gouvernement espagnol est sous le feu des critiques après avoir confirmé le maintien d’un contrat d’armement avec une entreprise israélienne, en contradiction avec ses engagements publics.

EURACTIV Espagne
Press conference after the weekly cabinet meeting in Madrid
Le ministre espagnol de l'Intérieur, Fernando Grande-Marlaska. [EPA-EFE/JAVIER LIZON]

Le ministre espagnol de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a défendu mercredi 21 mai devant les députés la décision du gouvernement de maintenir un contrat de plusieurs millions d’euros portant sur la vente de munitions à Israël, malgré la promesse faite précédemment par le Premier ministre Pedro Sánchez de mettre fin aux ventes d’armes à Tel-Aviv.

« Nous avons pris l’engagement très clair de ne pas acheter d’armement à des entreprises israéliennes », a indiqué Fernando Grande-Marlaska devant le Congrès. « Mais des erreurs peuvent se produire. »

En octobre 2024, le ministre avait annoncé la résiliation d’un contrat de 6,8 millions d’euros avec IMI Solutions LDT, une entreprise israélienne spécialisée dans la fabrication de munitions. Cette décision s’inscrivait dans la volonté affichée du gouvernement de mettre fin à tout commerce d’armes avec Israël, dans le contexte de la guerre à Gaza.

Mais en avril, il est apparu que le contrat n’avait jamais été officiellement résilié.

Sous la pression de son partenaire de coalition, le mouvement de gauche Sumar, Pedro Sánchez avait réaffirmé son intention d’annuler le contrat, une prise de position qui avait suscité de vives critiques de la part des autorités israéliennes.

Mais devant les députés mercredi, Fernando Grande-Marlaska a déclaré que son ministère avait décidé de maintenir le contrat malgré sa « résiliation officielle », arguant que son ministère n’avait trouvé aucune alternative « qui ne serait pas économiquement préjudiciable à l’État ».

Le ministre a promis que des mesures seraient prises « pour que cela ne se reproduise plus ».

Cette déclaration intervient au lendemain de l’adoption, mardi 20 mai, d’une motion non contraignante au parlement espagnol appelant le gouvernement à imposer un embargo sur les ventes d’armes à Israël. Un texte qui reflète la pression croissante exercée sur l’exécutif à ce sujet, tant sur la scène politique que dans l’opinion publique.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]