L’eurodéputée Esther de Lange affirme que Mark Rutte a écarté sa candidature au poste de commissaire au Climat

L’eurodéputée néerlandaise Esther de Lange affirme qu’elle a été écartée lors du processus de nomination du commissaire européen en charge de l’Action climatique, le Premier ministre néerlandais Mark Rutte ayant préféré désigner Wopke Hoekstra.

Euractiv.com
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L’eurodéputée de centre droit Esther de Lange (CDA, Parti populaire européen), membre de la commission de l’Environnement (ENVI) du Parlement européen. [Shutterstock/Alexandros Michailidis]

L’eurodéputée de centre droit Esther de Lange (CDA, Parti populaire européen), membre de la commission de l’Environnement (ENVI) du Parlement européen, affirme qu’elle a été écartée lors du processus de nomination du commissaire européen en charge de l’Action climatique, le Premier ministre néerlandais Mark Rutte ayant préféré désigner Wopke Hoekstra comme remplaçant de Frans Timmermans.

En juillet, M. Timmermans a annoncé qu’il quitterait Bruxelles pour se présenter au poste de Premier ministre des Pays-Bas lors des prochaines élections nationales, laissant ainsi vacant le poste de commissaire européen en charge de l’Action climatique.

Alors que Mme de Lange était considérée comme une candidate prometteuse, M. Rutte a préféré proposer le ministre des Affaires étrangères de l’époque, Wopke Hoekstra (CDA), pour ce poste.

« J’ai envoyé un message à notre Premier ministre pour lui dire que j’étais prête à occuper ce poste pendant un an », a déclaré Mme de Lange à la station de radio néerlandaise BNR Nieuwsradio, précisant qu’« il a d’abord réagi avec beaucoup d’enthousiasme », mais qu’il ne l’a pas recontactée par la suite.

« Il a très vite été clair qu’il s’agirait d’une nomination venant d’un cercle très restreint à La Haye », a-t-elle ajouté.

À l’époque, l’annonce de la nomination de M. Hoekstra a été très critiquée par les eurodéputés et les écologistes en raison du manque d’expérience du candidat en matière de climat et de ses déclarations controversées à l’égard des États membres du sud de l’UE durant la pandémie de Covid, alors qu’il était ministre des Finances. L’eurodéputée néerlandaise Sophie in ‘t Veld avait ensuite reproché à M. Rutte d’utiliser l’UE comme une « monnaie d’échange » à des fins de politique nationale.

M. Hoekstra a même été critiqué au sein de son propre parti, plusieurs membres du CDA ayant critiqué le manque de transparence qui entourait sa candidature.

Le leader de la branche néerlandaise du parti paneuropéen Volt, Laurens Dassen, a également condamné la manière dont M. Hoekstra a été nommé.

« La manière dont cela s’est déroulé est consternante. L’élection de M. Hoekstra au poste de commissaire européen montre pourquoi nous devons rendre l’Europe plus démocratique », a-t-il déclaré à BNR Nieuwsradio.

Mme de Lange a toutefois affirmé qu’elle considérait M. Hoekstra comme le bon choix pour le poste, qu’il a commencé à occuper le mois dernier après un de vives discussions avec la commission de l’Environnement.

« Il y a une réunion importante à venir à Dubaï sur le climat, qui est au centre de l’attention en ce moment. En tant qu’ancien ministre des Affaires étrangères, Wopke Hoekstra a naturellement de très bonnes références dans ce domaine », a déclaré l’eurodéputée à propos de la COP28 qui aura lieu aux Émirats arabes unis. Et d’ajouter que l’expertise existante au sein de la Commission européenne pourrait aider M. Hoekstra en cas de besoin.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]