L’industrie du jouet met en garde contre la sécurité des produits vendus en ligne
Environ 80 % des jouets vendus par des vendeurs tiers sur des places de marché en ligne ne répondent pas aux normes de sécurité de l’UE, a découvert Toys Industry Europe en réalisant une étude publiée jeudi 17 octobre.
Environ 80 % des jouets vendus par des vendeurs tiers sur des places de marché en ligne ne répondent pas aux normes de sécurité de l’Union européenne (UE), a découvert Toy Industries of Europe en réalisant une étude publiée jeudi 17 octobre.
Les places de marché en ligne, en particulier celles dont les produits proviennent directement de pays tiers comme la Chine, font l’objet d’un examen minutieux au niveau de l’UE et des États membres en ce qui concerne la vente de produits illégaux.
Toy Industries of Europe, qui représente des entreprises européennes du secteur du jouet, a acheté 102 jouets sur dix places de marché en ligne, dont AliExpress, Amazon Marketplace, Shein et Temu. Ces trois dernières ont été considérées comme de très grandes plateformes en ligne (very large online platforms, VLOP) en vertu du règlement sur les services numériques (Digital Services Act, DSA), ce qui signifie qu’elles doivent respecter des règles strictes pour s’assurer que des marchandises illégales ne sont pas vendues sur leurs plateformes.
Sur cet échantillon, l’organisation a découvert de nombreux jouets pouvant se briser facilement en petites pièces et donc présenter un risque d’étouffement, mais également la présence d’« aimants qui peuvent perforer les intestins d’un enfant s’il les avale », des produits « slime » dont la teneur en bore — une substance associée à des problèmes de santé reproductive — est plus de 13 fois supérieure à la limite légale de l’UE, ainsi qu’un jouet dont les piles sont facilement accessibles et peuvent causer de graves dommages en cas d’ingestion.
L’étude n’a pas relevé de différences significatives entre le nombre de jouets ne répondant pas aux normes de l’UE sur les très grandes plateformes et les plateformes plus petites, telles que la plateforme française Cdiscount.
Sur Amazon, 10 jouets sur 25 étaient dangereux, sur Temu 19 sur 25, sur Shein 10 sur 10 et sur AliExpress 10 sur 14. Sur les plus petites plateformes que sont Cdiscount, Allegro, Fruugo et Wish, tous les produits achetés ont été jugés dangereux.
Au vu des résultats de son étude, Toy Industries of Europe a appelé les régulateurs de l’UE à reconnaître les places de marché en ligne comme des « opérateurs économiques » afin qu’elles soient tenues responsables des jouets vendus sur leur plateforme, en accélérant la réforme des douanes de l’UE, qui garantira qu’une entité est responsable des importations grâce au concept d’« importateur présumé ».
L’organisation a également appelé à une meilleure surveillance du marché et à une meilleure application du DSA.
Lars Vogt, directeur de la politique européenne chez Toy Industries of Europe, a confié à Euractiv que le DSA assurait très bien la traçabilité des vendeurs mais ne faisait pas grand-chose pour les petites plateformes, et qu’en fin de compte, il était difficile de tenir quelqu’un pour responsable de la sécurité des produits.
« Nous aimerions que la place de marché en ligne qui facilite la vente devienne responsable de la sécurité, donc la plateforme devrait être responsable », a-t-il expliqué.
L’application du règlement se fait « après coup, et nous avons affaire à un tel nombre de cas qu’il est impossible de résoudre les problèmes par ce biais. Le changement de la loi serait donc la prévention », a déclaré Catherine Van Reeth, directrice chez Toy Industries of Europe.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]