Loukachenko répond à la menace polonaise d’abattre les objets hostiles étrangers dans son espace aérien

Varsovie a prévenu qu’elle ferait feu sur tout objet militaire survolant illégalement son espace aérien. Une mise en garde à laquelle Alexandre Loukachenko a répondu avec ironie.

EURACTIV Pologne
Russian President Putin attends meeting of Supreme Eurasian Economic Council
Alexandre Loukachenko, président de la Biélorussie. [EPA/ALEXEI DANICHEV/SPUTNIK]

Le Premier ministre polonais Donald Tusk avait averti la semaine dernière que la Pologne abattrait tout objet violant clairement l’espace aérien du pays, y compris les avions de chasse russes. Le président biélorusse, Alexandre Loukachenko, a réagi à ces menaces lors d’une interview accordée au journaliste russe Pavel Zarubin.

« La réponse serait immédiate », a-t-il déclaré, avant de tourner en dérision la menace polonaise en évoquant l’hypothèse d’un tir sur son propre hélicoptère présidentiel, qu’il utilise régulièrement pour survoler la forêt de Białowieża, située à cheval entre la Pologne et la Biélorussie. « Je survole souvent en hélicoptère la forêt de Białowieża, à la frontière polonaise. Vont-ils vraiment descendre l’appareil du président ou celui de son escorte militaire ? »

Alexandre Loukachenko a ensuite accusé les États membres de l’OTAN de faire peur à leurs citoyens en agitant la menace russe et biélorusse.

« Qu’ils essaient, qu’ils tirent. Peut-être viseront-ils quelque chose de russe au-dessus de Kaliningrad. Mais dans ce cas, bien sûr, nous devrons réagir. Est-ce nécessaire ? Non », a-t-il continué.

Ces propos s’inscrivent dans un climat de forte tension sur le flanc est de l’OTAN.

Dans la nuit du 9 au 10 septembre, Varsovie a signalé l’incursion d’environ vingt drones en provenance de Russie, dont plusieurs ont été abattus par la défense antiaérienne du pays. La Pologne a immédiatement convoqué ses alliés en vertu de l’article 4 du traité de l’OTAN, et l’Alliance a lancé l’opération « Sentinelle orientale » pour renforcer la surveillance de son ciel.

Peu après, la Roumanie a elle aussi vu son espace aérien survolé par des drones.

L’armée polonaise fait également état d’une recrudescence d’activités de drones près de la frontière avec la Biélorussie. Le 15 septembre, deux ressortissants biélorusses ont été arrêtés après avoir fait survoler un drone au-dessus de bâtiments gouvernementaux à Varsovie.

La Pologne et la Roumanie n’ont pas été les seuls pays touchés. Le 19 septembre, des avions de combat russes ont pénétré dans l’espace aérien estonien et y sont restés pendant 12 minutes, ce qui a incité Tallinn à engager elle aussi des discussions dans le cadre de l’article 4.

Plus récemment, la semaine dernière, des drones ont survolé les espaces aériens du Danemark et de la Norvège

(asg)