« Un acteur compétent » derrière les drones repérés au-dessus de l’aéroport de Copenhague
Un acteur non identifié mais « compétent » est derrière le survol, lundi 22 septembre, de drones au-dessus de l’aéroport de Copenhague — un incident vu par la Première ministre danoise comme « la pire attaque contre les infrastructures critiques danoises à ce jour ».
La police danoise a déclaré mardi 23 septembre qu’elle ne savait pas qui était responsable du survol de drones au-dessus de l’aéroport de Copenhague la veille au soir, mais que ces derniers semblaient avoir été pilotés par des personnes compétentes.
Dans la nuit de lundi à mardi, la présence de drones a entraîné la fermeture des principaux aéroports du Danemark et de la Norvège pendant plusieurs heures, provoquant des déroutements de vols et d’autres perturbations. Bien que les vols aient désormais repris, d’importants retards dans les transports devraient persister tout au long de la journée de mardi.
« Le nombre, la taille, les trajectoires de vol, le temps passé au-dessus de l’aéroport. Tout cela […] indique qu’il s’agit d’un acteur compétent. Quel acteur compétent, je ne sais pas », a déclaré l’inspecteur de police danois Jens Jespersen aux journalistes lors d’une conférence de presse mardi matin.
Il s’agit de « la pire attaque contre les infrastructures critiques danoises à ce jour », déclarait ce mardi matin la Première ministre danoise Mette Frederiksen. « Cela s’inscrit dans l’évolution que nous avons pu observer dernièrement avec d’autres attaques de drones, des violations de l’espace aérien et des cyberattaques contre des aéroports européens. »
Parmi les personnes touchées figurait la commissaire européenne Roxana Mînzatu, dont l’avion a été dérouté de Copenhague vers la ville suédoise d’Ängelholm.
La police a déclaré que plusieurs gros drones avaient été aperçus lundi au-dessus de l’aéroport Kastrup de la capitale danoise. Une importante présence policière a été déployée pour enquêter sur l’activité des drones, et les appareils ont pu être observés pendant plusieurs heures avant de disparaître.
« Nous n’avons pas abattu les drones », a précisé le commissaire adjoint de la police de Copenhague, Jakob Hansen, lors de la conférence de presse.
La Russie coupable ?
« Nous sommes confrontés à une menace élevée de sabotage au Danemark. Quelqu’un ne veut pas nécessairement nous attaquer, mais plutôt nous mettre sous pression et voir comment nous réagissons », a déclaré Flemming Drejer, directeur des opérations du service de renseignement danois de la police danoise (PET), lors de la conférence de presse.
Jakob Hansen a déclaré que la police coopérait avec l’armée danoise et les services de renseignement pour déterminer d’où venaient les drones. Il a ajouté que la police travaillait également avec ses collègues d’Oslo, après que l’observation de drones dans la capitale norvégienne ait également entraîné la fermeture de l’aéroport pendant plusieurs heures.
« Nous avons observé deux drones différents », a expliqué Monica Fasting, porte-parole de l’aéroport d’Oslo.
Bien qu’aucun coupable n’ait été formellement identifié, les spéculations vont déjà bon train.
« Il est évident que les drones observés au-dessus de Kastrup constituent une attaque hybride », tel était le titre d’un article publié sur le blog de Jakob Hvide Beim, rédacteur en chef de la rubrique défense du grand quotidien danois Politiken. Il a ensuite souligné que les autorités mettaient en garde contre le risque d’attaques hybrides russes contre le Danemark « depuis un certain temps déjà ».
Pourquoi le Danemark en particulier ? Selon lui, Copenhague a toujours apporté un soutien important à l’Ukraine, citant comme exemple le fait que le Danemark « a pris l’initiative d’offrir aux usines d’armement ukrainiennes la possibilité de s’implanter » au Danemark.
La Première ministre danoise a également indiqué à la chaîne danoise DR « ne pouvoir exclure que ce soit la Russie ».
Sur X, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a quant a lui parlé d’une incursion russe dans l’espace aérien danois le 22 septembre, sans toutefois fournir de preuves ni d’autres détails.
L’incursion de drones lundi soir au-dessus du Danemark et de la Norvège intervient également après une série d’incursions aériennes russes dans l’espace aérien de l’OTAN. Il y a deux semaines, la Pologne a abattu plusieurs des 19 drones russes qui avaient pénétré dans son ciel, ce qui a conduit Varsovie à activer l’article 4 de l’OTAN, signifiant ainsi qu’elle estime qu’il existe une menace crédible pour la sécurité du pays. Peu après, la Roumanie a elle aussi vu son ciel survolé par des drones.
Vendredi dernier (19 septembre), des avions de combat russes ont pénétré dans l’espace aérien estonien et y sont restés pendant 12 minutes, ce qui a incité Tallinn à engager également des discussions dans le cadre de l’article 4, qui ont lieu ce mardi.
Par ailleurs, durant le week-end, le trafic aérien avait été perturbé dans plusieurs aéroports européens, dont ceux de Londres, Berlin, Bruxelles et Dublin, après une cyberattaque sur un logiciel fourni par une entreprise pour l’enregistrement des passagers.
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(asg)