Loup : les chasseurs européens saluent le changement de cap de la Commission

Lors d’une réunion à Prague mercredi (27 septembre), les représentants des chasseurs européens ont applaudi la décision de la Commission de faciliter la régulation du loup, et ont fait part de leur volonté d'être plus impliqués dans la gestion.

Euractiv France
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"Si rien n’est fait, de nombreux acteurs ruraux seront déçus et les conflits continueront de s’intensifier", explique à Euractiv le secrétaire général de la FACE David Scallan. [Irene Fox / Shutterstock]

Lors d’une réunion à Prague mercredi (27 septembre), les représentants des chasseurs européens ont applaudi la décision de la Commission de faciliter la régulation du loup, et ont fait part de leur volonté d’être plus impliqués dans la gestion.

Ce sont des acteurs qui comptent dans le débat. Mercredi 27 septembre, à Prague, la Fédération des associations de chasse et conservation de la faune sauvage (FACE) a réuni les représentants nationaux pour échanger autour des grands prédateurs, en particulier du loup, un sujet qui enflamme l’actualité européenne depuis quelques semaines.

« Il est désormais temps d’agir concrètement pour garantir la conservation et la gestion du loup et d’autres espèces de grands carnivores auprès des communautés rurales européennes », a déclaré Torbjörn Larsson, président de la FACE, lors d’un discours.

Mi-septembre la présidente de la Commission européenne avait invité les autorités des États membres à tirer pleinement parti des dérogations qu’offre la réglementation européenne pour réguler – tirer – les loups dangereux pour le bétail, si les autres méthodes sont inefficaces et sans porter atteinte aux populations.

L’exécutif européen a ensuite annoncé qu’il pourrait, dans les prochains mois, faire passer le prédateur de « strictement protégé » à « protégé » dans les annexes de la directive Habitats, de manière à faciliter cette gestion.

La Commission saluée

A l’unisson de la Commission, les fédérations de chasse de 30 pays ont tenu à rappeler que l’augmentation des populations de loups « continue de provoquer des conflits », et que la protection stricte est désormais « le problème central ».

Le statut actuel entraîne, selon eux, une « bureaucratie très lourde » dans de nombreux pays, ce qui empêche les autorités d’intervenir en cas de besoin.

« Nous attendons une action réelle vers une plus grande flexibilité et une procédure de modification de la directive Habitats. Si rien n’est fait, de nombreux acteurs ruraux seront déçus et les conflits continueront de s’intensifier », partage à Euractiv le secrétaire général de la FACE, David Scallan.

Selon les pays de l’UE, les chasseurs jouent des rôles plus ou moins importants dans la surveillance, la conservation et la gestion des grands carnivores. Lors de la rencontre, les participants ont mentionné plusieurs « exemples réussis » de gestion, comme la Bulgarie, l’un des rares pays autorisant la chasse au loup sur son territoire avec des quotas annuels, pour rester dans les clous de la directive.

Si ces autorisations se font dans le cadre de la réglementation, « il peut y avoir des situations où presque toutes les dérogations sont contestées par des ONG de protection devant les tribunaux nationaux », ajoute M. Scallan qui mentionne le cas de la Finlande.

La Finlande comme la Suède pratiquent en effet une chasse de régulation intensive des populations, quitte à se mettre parfois dans l’illégalité vis-à-vis de l’UE.

Dans un communiqué, la FACE a ainsi « salué » le changement de cap de la Commission européenne, désormais prête à revoir le statut du loup, après avoir écarté cette possibilité jusqu’à l’année dernière. Les chasses de régulation seraient, le cas échéant, facilitées.

Stratégies inclusives

Les chasseurs poussent pour un allégement des contraintes par souci de gestion, pour pratiquer la chasse de cet animal mythique, mais aussi parce que chasseurs et loups se disputent les mêmes proies.

Récemment la Fédération de chasse de la Drôme, département qui compte plus de 200 loups, a démontré que la prédation était responsable d’une diminution de 30 à 40% de chevreuils, 39% de chamois, 20% de grands cervidés ou encore 30% de sangliers.

Les chasseurs de la Drôme demandent ainsi une régulation plus systématique, mais aussi de pouvoir contribuer à la gestion, en appui aux lieutenants de louveterie, les seuls à disposer d’une autorisation préfectorale pour effectuer des tirs de défense.

« On n’écoute pas les chasseurs, c’est un vrai problème. Particulièrement en France. Contrairement à ce qu’on nous promet à chaque nouveau plan de gestion, nous ne sommes pas consultés pour les prélèvements, ni même pour les comptages », souligne à Euractiv Nicolas Rivet, directeur général de la Fédération nationale des chasseurs.

Les chasseurs européens reprochent aux autorités un manque global de reconnaissance de leur rôle dans de nombreux pays, la gestion étant pour eux « compatible avec la conservation à long terme de l’espèce ».

« Les stratégies de conservation et de gestion doivent donc être inclusives […] Le pire des cas serait celui où les communautés locales s’occupent elles-mêmes des carnivores », avertit la FACE.