L'UE appelle la RDC à améliorer son processus électoral après la victoire de Félix Tshisekedi
L'Union européenne a appelé jeudi (11 janvier) les autorités de République démocratique du Congo à améliorer leur processus électoral après que la Cour constitutionnelle du pays a définitivement validé la réélection de Félix Tshisekedi à la présidentielle du 20 décembre.
L’Union européenne a appelé jeudi (11 janvier) les autorités de République démocratique du Congo à améliorer leur processus électoral après que la Cour constitutionnelle du pays a définitivement validé la réélection de Félix Tshisekedi à la présidentielle du 20 décembre.
M. Tshisekedi, 60 ans, a été largement réélu au premier tour avec 73,47% des voix à l’issue du quadruple scrutin du 20 décembre (présidentielle, législatives, provinciales et locales), marqué par de nombreux problèmes logistiques et qualifié de « simulacre » par les principaux candidats de l’opposition.
L’UE, qui salue dans un communiqué publié jeudi « l’enthousiasme » des citoyens congolais, relève que plusieurs missions d’observation électorale ont « documenté de nombreux cas d’irrégularités et d’incidents ayant affecté l’ensemble du processus électoral ».
« L’UE encourage les institutions en charge, notamment la Commission électorale nationale indépendante (Céni) et les instances judiciaires à répondre à ces préoccupations et à poursuivre les prochaines étapes du processus électoral dans la plus grande transparence », poursuit le communiqué.
« L’UE salue la publication des résultats bureau de vote par bureau de vote par la Céni, mais, parallèlement, regrette son manque de communication sur des aspects clé du processus électoral, ce qui n’a pas contribué à apporter la clarté souhaitable au vote et à la compilation des résultats. »
L’Union européenne avait initialement prévu une mission d’une cinquantaine d’observateurs dans tout le pays mais elle y avait renoncé, les autorités congolaises ayant refusé selon plusieurs sources qu’elle utilise ses équipements satellitaires.
Elle avait finalement déployé à Kinshasa une mission réduite de huit observateurs, chargée d’effectuer « une analyse technique du processus électoral ».
Les principaux opposants candidats à la présidentielle ont refusé de saisir la Cour constitutionnelle, qu’ils estiment inféodée au pouvoir, tout comme la Céni. Ils n’en demandent pas moins l’annulation des élections qu’ils qualifient de « simulacre » et réclament l’organisation d’un nouveau scrutin par une nouvelle commission électorale.
Les Eglises catholique et protestante, qui avaient déployé leurs propres observateurs, ont dit avoir « documenté de nombreux cas d’irrégularités susceptibles d’affecter l’intégrité des résultats de différents scrutins en certains endroits », sans pour autant déclarer les élections frauduleuses.
Des tensions post-électorales sont redoutées dans ce pays à l’histoire politique agitée et souvent violente, au sous-sol très riche en minerais mais à la population majoritairement pauvre.