L’UE convient d’appeler à des « trêves humanitaires » à Gaza et propose une conférence de paix
Après des jours de discussions sur la formulation de l’appel à une trêve dans le conflit entre Israël et le Hamas afin d’acheminer l’aide humanitaire urgente à Gaza, les dirigeants européens se sont mis d’accord sur un appel en faveur de « couloirs et des trêves humanitaires pour répondre aux besoins humanitaires ».
Après des jours de discussions sur la formulation de l’appel à une trêve dans le conflit entre Israël et le Hamas afin d’acheminer l’aide humanitaire urgente à Gaza, les dirigeants européens se sont mis d’accord jeudi (26 octobre) sur un appel en faveur de « couloirs et des trêves humanitaires pour répondre aux besoins humanitaires ».
Le sommet européen de jeudi et vendredi (26-27 octobre) est la première réunion en présentiel des dirigeants européens depuis l’incursion meurtrière du 7 octobre perpétrée par le Hamas sur le territoire israélien, qui a incité Israël à bombarder et à effectuer un blocus de la bande de Gaza dirigée par le Hamas.
À l’issue des cinq heures de discussions qui visaient à trouver la formulation exacte, les dirigeants de l’UE se sont mis d’accord sur les conclusions du sommet sur le Moyen-Orient, qui condamnent l’attaque du Hamas palestinien et soutiennent le droit d’Israël à se défendre « conformément au droit international ».
Ils ont appelé à un « accès humanitaire soit continu, rapide, sûr et sans entrave et que l’aide parvienne à ceux qui en ont besoin au moyen de toutes les mesures nécessaires, y compris des couloirs et des trêves humanitaires pour répondre aux besoins humanitaires ».
Plusieurs États membres ont veillé à ce que l’accent soit mis sur l’aspect humanitaire des couloirs, craignant qu’ils ne soient utilisés à mauvais escient par des tiers pour fournir du matériel militaire au Hamas, ont indiqué des diplomates de l’UE.
Comme prévu, le communiqué de l’UE ne formulera pas de demande de cessez-le-feu, contrairement aux Nations unies.
Un compromis antérieur sur des « trêves » au pluriel visait à signaler de courtes interruptions des combats pour des missions telles que des libérations d’otages ou l’acheminement des convois d’aide, plutôt qu’un cessez-le-feu formel, ont déclaré les diplomates de l’UE avant les discussions de jeudi.
Les États membres divisés
Les États membres sont traditionnellement divisés entre les pays les plus propalestiniens, comme l’Irlande et l’Espagne, et les partisans inconditionnels d’Israël, dont l’Allemagne et l’Autriche.
Des diplomates de l’UE ont indiqué que l’Allemagne et d’autres partisans d’Israël ont cherché à modérer toute formulation du communiqué final du sommet qui pourrait être considérée comme contradictoire avec le droit d’Israël à se défendre.
« Tous les fantasmes de trêves, de cessez-le-feu, etc. ont pour effet de renforcer le Hamas dans sa détermination à poursuivre son action et à perpétuer cette terrible terreur », a déclaré le chancelier autrichien Karl Nehammer avant les pourparlers.
Son homologue allemand, Olaf Scholz, s’est dit convaincu que l’armée israélienne « suivra les règles du droit international ».
Avant les discussions, le Premier ministre irlandais Leo Varadkar a insisté sur le fait que ce qu’il voulait essentiellement, c’était « que le massacre et la violence cessent afin que l’aide humanitaire puisse être acheminée à Gaza, où des Palestiniens innocents souffrent, et que nous puissions faire sortir les citoyens de l’Union européenne ».
Le nombre exact de citoyens européens à Gaza reste à déterminer.
L’UE trop lente
Dans les jours qui ont précédé le sommet, des diplomates de l’UE avaient prévenu que les retards pris pour trouver les mots justes — alors que le nombre de morts continue de s’alourdir à Gaza — nuisaient à la réputation de l’Union sur la scène internationale.
« Nous avons le sentiment que certaines personnes dans le monde utilisent les circonstances pour tenter de rallier une partie de la communauté internationale afin d’attaquer l’UE », a déclaré le président du Conseil européen, Charles Michel, à la presse avant d’entamer les discussions.
Charles Michel a déclaré qu’il s’était efforcé d’expliquer à ses homologues du Sud que l’UE « ne ferait pas deux poids deux mesures », qu’elle avait « des principes fondamentaux », qu’elle « avait foi dans le droit international » et croyait à « un monde fondé sur des règles et des principes fondamentaux », et qu’elle « continuerait et n’abandonnerait pas ».
Le sommet pour la paix qui s’est tenu au Caire le week-end dernier a révélé les importantes divergences entre les Européens et le monde arabe, qui a accusé les Européens de faire deux poids deux mesures en condamnant les violations du droit international et humanitaire commises par la Russie, alors qu’ils n’ont pas fait de même avec la réaction d’Israël après l’attaque du Hamas.
Dans les conclusions du sommet, les dirigeants européens ont déclaré que l’UE « travaillera en étroite collaboration avec les partenaires de la région pour protéger les civils, fournir une assistance et faciliter l’accès à la nourriture, à l’eau, aux soins médicaux, au carburant et à un abri, en veillant à ce que cette aide ne soit pas utilisée à mauvais escient par des organisations terroriste ».
Ils ont également convenu que le bloc soutiendra « la tenue d’une conférence de paix internationale dans les plus brefs délais », une ligne qui ne figurait pas dans le projet distribué plus tôt jeudi.
Cet ajout est basé sur un appel antérieur du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez, qui a été une « impulsion de dernière minute, qui n’a pas été discutée en détail », selon un responsable de l’UE ayant eu connaissance de la discussion dans la salle.
Le texte comprend également une référence à l’initiative de l’UE, baptisée « Effort pour la Journée de la paix » (Peace Day Effort), qui a été présentée en marge de l’Assemblée générale des Nations unies à New York en septembre afin de relancer le processus de paix entre Israël et la Palestine, qui est depuis longtemps dans l’impasse.
Toutefois, la réunion prévue en novembre en Belgique a été reportée en raison de l’instabilité de la situation dans la région.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]